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Clin d’oeil est la nouvelle rubrique mensuelle du desk sport de votre quotidien “Le Républicain”. Elle s’intéresse aux acteurs du monde sportif : joueurs, arbitres dirigeants, etc. Pour inaugurer cette rubrique, l’honneur revient à un jeune du Club Olympique de Bamako (COB), Mamadou Diawara. Nous avons rencontré ce jeune pétri de talents dans sa famille paternelle à Dravéla.

Il n’a pas encore l’étoffe physique de “Joe Cuba”, ni la finesse de Mamadou Cheick Traoré et Issa Soumaré dit Diégo, encore moins la vista de Zakaria Diabaté et Mohamed Koné, mais Mamadou Diawara n’a rien à envier à ses devanciers du Club Olympique de Bamako (COB) des années 1980 au plan de la maîtrise proprement dite d’un ballon rond. D’ailleurs, sa carrière et son avenir semblent d’ores et déjà mieux tracés, car à 23 ans il a déjà porté à plusieurs reprises le maillot national avec les différentes sélections d’âges : cadets, espoirs. Mieux il vient de côtoyer les grands à l’occasion de la dernière séance d’entraînement des Aigles à Kabala, avant la CAN 2008.

Né en 1985 à Bamako, Mamadou Diawara a passé son enfance à jouer au ballon dans le quartier populaire de Dravéla. C’est seulement en 2001 qu’il a décidé d’intégrer un club. Et pour la circonstance il fait partie avec les jumeaux (Alfousseny et Alassane Kéïta) de la première génération des cadets du COB. La même année, il est sélectionné au sein de l’équipe nationale cadette et participera à la phase finale de la CAN de cette catégorie d’age (aux Iles Seychelles) en compagnie des Sidi Yaya Kéïta, Souleymane Dembélé, Boucader Diallo et autres. Au finish, les cadets maliens se classèrent 3e derrière le Nigeria et le Burkina.

Cette première campagne fut en quelque sorte pour ce jeune défenseur polyvalent un déclic. En 2002, il remporta la Coupe du Mali avec son club contre le Stade Malien de Bamako défait 2 buts à 1.Au fur à mesure qu’il mûrit, l’enfant de Dravéla gravit les échelons à travers les différentes sélections (espoirs et seniors), notamment le tournoi de l’UEMOA, ou encore le match amical des Aigles A contre les Etalons du Burkina, et la triste campagne des Jeux Olympiques avec comme entraîneur Mory Goïta. Cet exploit ne lui monte pas par la tête, mais fait de lui un jeune plein d’espoir qui a l’ambition de goutter au professionnalisme. Son équipe de rêve demeure l’Olympique de Marseille et sa référence est le Français Zinédine Zidane pour ses qualités exceptionnelles.

Soutenu moralement par sa mère (pharmacienne de son état ) et sa soeur aînée Nah Diawara, le jeune Mamadou Diawara sait où mettre le pied pour réussir dans la vie. Car pour lui le comportement d’un joueur qui veut percer se résume à trois choses : le travail, le sérieux et la discipline. Sa vision du football malien est très claire. Selon lui, notre sport roi doit quitter le stade de l’amateurisme et seul le professionnalisme donnera un élan à notre football. Pour preuve, le niveau du foot Africain a monté grâce au nombre incalculable de ses joueurs évoluant sur d’autres continents.

A la question de savoir s’il a des ambitions pour la nouvelle saison 2007-2008, il répond par l’affirmative dès l’instant que le COB se bat toujours pour le titre de champion. Mais cette année la tâche s’annonce très difficile car l’équipe a enregistré des départs, et les héritiers sont trop jeunes pour relever le défi dans l’immédiat.

Comme tout bon malien il se dit choqué par l’élimination précoce des Aigles à la dernière CAN, mais son commentaire par rapport à cette débâcle est constructif : “ce qui est arrivé au Mali peut frapper à la porte de toutes les grandes équipes. C’est le cas de la France en 2002 à la Coupe du monde ou elle a été éliminée dès le premier tour, avec à la clef une défaite contre le Sénégal. Pourtant, elle regorge des grands buteurs des différents championnats européens. Donc nous devrons tirer les enseignements nécessaires et poser les jalons de l’avenir. C’est à ce prix que notre football aura un second souffle”.

O. Roger Sissoko

21 Février 2008.