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Depuis l’apparition de la pandémie à coronavirus dans notre pays, plusieurs médiums se sont lancés dans la sensibilisation afin de lutter contre cette pandémie. Le gouvernement, les médias, les artistes etc. ont fait de ce combat une lutte d’arrache-pied pour que cette maladie puisse chuter sur l’ensemble du territoire. Cependant, les communicateurs traditionnels pensent qu’ils ont un rôle prépondérant à jouer dans cette lutte, mais ils déplorent le fait qu’ils soient mis à l’écart par les autorités. Mamadou Ben Chérif Diabaté, communicateur traditionnel s’exprime. Interview. 

– Que déplorez-vous dans cette lutte contre la Covid-19 ?

Mamadou Ben Chérif Diabaté : Depuis le début de cette pandémie, nous avons constaté que l’Etat a mis en place une politique de lutte. Dans son plan d’action, nous avons constaté que le gouvernement a pris en compte presque tous les médias de diffusions de messages de sensibilisation notamment : les médias modernes : la télévision, la radio, la presse écrite et la presse en ligne, les artistes… L’erreur a été qu’il a oublié nous les communicateurs traditionnels, nous qui sommes plus proche de la population, nous qui sommes les plus écoutés voire les plus crédibles, nous qui partageons le repas avec cette population et nous qui buvons avec elle depuis la nuit des temps.  

– En cette période de Covid-19, quels peuvent être alors les rôles des communicateurs traditionnels ? 

Mamadou Ben Chérif Diabaté : Nous sommes le média traditionnel. On dit que la radio dit, la télévision montre et les communicateurs traditionnels sont faits pour convaincre.  Pour connaitre nos rôles, rendez-vous dans les zones reculées. Tout ne se limite pas à Bamako, il y a de ces zones au Mali, qui n’ont pas accès à la radio, ni la télévision, le journal papier on en parle pas. C’est à partir de ce moment qu’il faut impliquer les communicateurs traditionnels pour jouer le rôle des médias modernes. En outre, vous verrez que la plupart des médias au Mali véhiculent les messages de sensibilisation en français, ce qui est déplorable. Or, nous, nous le faisons dans nos langues locales afin de toucher plus de cibles. Enfin, les populations croient plus en nous plus qu’aux médias modernes. En effet, comme à l’accoutumée, nous sommes plus proches des populations depuis belle lurette, il y a une certaine confiance qui existe entre nous. Partant de ce fait, c’est un secret de polichinelle qu’elles vont croire en nous plus que les autres. L’Etat doit penser à nous impliquer dans cette lutte contre la Covid-19. Nous à notre tour, nous allons former nos communicateurs pour qu’ils puissent bien faire leurs boulots. 

Adama Sanogo

@Afribone