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Afin d’améliorer de façon significative l’accessibilité au téléphone, mais aussi offrir à sa clientèle un service de qualité, Malitel a décidé, d’une part, de porter son réseau GSM à 760 000 lignes, d’autre part, de renforcer ses réseaux d’accès sans fil CDMA de Bamako et Kayes. Les deux projets ont été examinés au cours de la 30e session ordinaire du Conseil d’administration de la Sotelma-Malitel dont les travaux se sont déroulés, dans la salle de conférence de la société, hier mardi 21 août.

La société des télécommunications du Mali (SOTELMA) et sa filiale mobile Malitel sont déterminées à réaliser leur volonté de démocratiser le téléphone au Mali. La SOTELMA compte, aujourd’hui, plus de 5oo ooo clients répartis entre ses réseaux fixe et mobile. L’opérateur historique couvre plus de 700 localités, réparties entre les huit régions du pays, plus le district de Bamako.

Malgré les efforts déjà consentis, l’entreprise n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a décidé l’extension de son réseau mobile Malitel à 760 000 lignes. En outre, elle entend renforcer ses réseaux d’accès sans fil CDMA de Bamako et Kayes pour la satisfaction des besoins de la clientèle existante et potentielle.

Ces deux projets, inscrits à l’ordre du jour à côté de l’adoption du compte rendu de la 29e session ordinaire, des états financiers 2006 audités, l’examen du rapport d’activités et du point d’exécution du budget au 30 juin 2007 et l’état d’avancement du processus de privatisation, entre autres, ont été examinés à fond hier par les administrateurs au cours de la 30e session ordinaire du Conseil d’Administration.

La cérémonie d’ouverture des travaux a été marquée par l’unique discours du Président-directeur général de la société, Lassana N’Diaye. Celui-ci a fait l’état des lieux de la société.

D’entrée de jeu, M. N’Diaye a déclaré que l’année 2007 est très décisive dans la vie de l’entreprise. Elle est consacrée, selon l’orateur, à la préparation et à la mise en œuvre du processus de la privatisation de la Sotelma. « La direction ne ménagera aucun effort pour exécuter les tâches qui lui reviennent dans le processus en toute responsabilité, dans la transparence et dans la sérénité » a-t-il soutenu.

S’agissant de la situation financière de l’entreprise, M. N’Diaye a déclaré que les états financiers de l’exercice clos le 31 décembre 2006 font ressortir un déficit d’exploitation de 5 milliards 195 millions de Francs CFA.

En outre, l’évaluation de l’exécution du budget au 30 juin 2007 a fait ressortir qu’en produits, la réalisation de la société a été de 34 milliards 35 millions de F CFA sur une prévision de 76 milliards 269 millions de F CFA, soit un taux d’exécution de 45 %.

En charge, la réalisation de la société a été estimée à 18 milliards 823 millions de F CFA, hors charges d’amortissement et provisions, sur une prévision de 43 milliards 519 millions de F CFA, soit un taux d’exécution de 43%.

L’orateur d’affirmer : « la tendance constatée au cours du premier semestre dénote une amélioration de la situation financière, due à une politique volontariste de maîtrise des charges d’exploitation« .

Cependant, M. N’Diaye de regretter, d’une part, l’augmentation des arriérés de l’Etat et, d’autre part, certaines contraintes majeures qui fragilisent la position financière de l’entreprise. Il s’agit, entre autres, de la fraude, du poids des tarifs d’interconnexion et des pratiques anticoncurrentielles.

Il convient de souligner qu’aujourd’hui, la SOTELMA souffre énormément de son statut de société d’Etat en cours de restructuration dont le processus de privatisation n’a pas encore connu son terme.

Alors que son concurrent, l’opérateur privé installé au Mali depuis 2003, jouissant de toutes ses libertés de manoeuvre, ne cesse de gagner du terrain au fil des mois. L’entreprise connaît de sérieuses difficultés pour réaliser ses aspirations.

Il s’agit de l’extension et la densification de ses réseaux mobile et fixe et aussi de mettre à la disposition des citoyens de nouvelles technologies et de nouveaux services à valeur ajoutée afin de réduire le fossé numérique entre les pays dits avancés et le Mali.

La raison de cette situation est que l’Etat n’a pas préparé la SOTELMA avant de libéraliser le secteur des télécoms. Pire, il a donné au concurrent l’autorisation d’exploiter le mobile, le fixe, mais également l’Internet.

En outre, l’entreprise ne bénéficie d’aucune exonération de l’Etat. A rappeler que la première extension du réseau lui a coûté plus de 27 milliards de CFA et la seconde 23 milliards de F CFA.

Pour ces deux projets d’extension, l’entreprise a décaissé environ 10 milliards de F CFA comme frais de dédouanement. Si elle avait bénéficié des exonérations, elle aurait utilisé ces 10 milliards pour financer un nouveau projet d’extension.

Abdoul Karim KONE

22 août 2007.