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Depuis le lundi 10 mars, Jean-François Jodar n’est plus le sélectionneur des Aigles du Mali. Le successeur de Pierre Le chantre a été licencié par Malifoot, suite à une crise de confiance éclatée après la déroute des Aigles à la Can Ghana 2008. Il a accepté son licenciement, mais veut qu’on lui paye le plus tôt possible ses indemnités. La réunion tripartite prévue hier après midi entre la tutelle, Jodar et Malifoot devrait clarifier la suite des événements.

« J’ai reçu ma lettre de licenciement, les choses sont claires. Je veux qu’on me dise comment ils envisagent de payer mes droits, et je ne sais pas s’ils ont pris contact avec le ministère de la Jeunesse et des Sports ». Voici le commentaire fait de son licenciement par le désormais ex-sélectionneur des Aigles du Mali, joint au téléphone.
Le technicien français des Aigles, Jean-François Jodar a été limogé de son poste de sélectionneur de l’équipe nationale par Malifoot pour avoir perdu la confiance des joueurs, par l’insubordination à la fédération et pour son choix du voyage aux Emirats Arabes Unis.

Ce sont là des motifs avancés par Malifoot, dans un rapport qui lui a été adressé. Dans l’entretien téléphonique, Jodar a indiqué, que Malifoot lui a remis sa lettre de licenciement qui a été acceptée par la tutelle. Toutefois, s’empresse-t-il de préciser, « qu’on me paye vite mes indemnités ».

Selon un membre de Malifoot, ce licenciement est une façon de mettre tout le monde à l’aise. Malifoot, dans le rapport de sa réunion avec les ligues, les présidents des clubs de première division ainsi que les présidents d’honneur, avait recommandé au technicien français de rendre le tablier pour le « mettre à l’aise », avant de lui confier le poste de directeur technique national (DTN).

Une stratégie qui visait à ne pas lui payer des indemnités et à l’ occuper en attendant la fin de son mandat. Notre source indique qu’avec cette proposition, Malifoot a voulu montrer sa disponibilité pour que notre sport roi ne court pas de risque. Elle permettrait aussi au nouvel entraîneur en l’occurrence Stephen Keshi, d’entamer les préparatifs des futures compétitions.


Dédommager Jodar

Conscient de cet état de fait, l’Etat malien, en dépit de l’échec la méthode douce de Malifoot, devrait se préparer à dédommager le technicien français « Je veux juste mes mensualités à savoir les quatre mois restants », rétorque-t-il, en attendant de connaître l’issue de la rencontre tripartite d’hier (entre le ministre de la Jeunesse et des Sports Hamane Niang, Jodar et Malifoot). Jodar affirme avoir transmis sa lettre de licenciement à ses avocats.

L’ancien coach s’inscrit en faux contre les assertions de Malifoot relatives à son « insubordination » qui a été mentionné dans sa lettre de licenciement. Il se pose la question de savoir quel ordre il n’a pas suivi. « Sauf les propositions venant de gauche à droite au sein de la fédération, puisque j’ai toujours refusé de prendre leurs joueurs », avoue-t-il.

Jodar n’accepte pas non plus l’accusation de manque de confiance entre lui et les joueurs. « Qui a vu une déclaration des joueurs sur moi ?», dit Jodar sur ce point. Surpris, il se demande sur quoi Malifoot s’est fondé pour faire un tel jugement. En plus, il fustige le comportement « irresponsable » de ses anciens poulains, « ils ne se sont pas conduits comme des hommes » mais leur souhaite tout de même bonne chance et beaucoup de réussite ».

A propos du poste de DTN, le technicien français doutait de la volonté de Malifoot à créer ce poste. Il persiste et signe : « je veux que Malifoot présente à la presse son programme de travail ». Pour Jodar les dirigeants de Malifoot cherchaient seulement une porte de sortie honorable suite à l’élimination des Aigles.

Sur les accusations portant sur le voyage aux Emirats, Jodar affirme ne pas en être le seul responsable. « Ils oublient leur rôle, même si le voyage n’a pas été fructueux, mais qu’ils n’enlèvent pas leur part de responsabilité » soutient-t-il en s’appuyant sur les déclarations du joueur Cédric Kanté. Ce dernier, dans un entretien avec la télévision nationale, avait évoqué les conditions du voyage qui impliquaient plus l’administration de notre football que le staff technique.

Interrogé sur son avenir, Jodar a répondu qu’il n’attend qu’on lui paye ses mensualités. « Qu’on règle vite mon problème » a-t-il répondu. A la question de savoir s’il reviendra au Mali au cas où l’équipe nationale ou même un club lui ferait appel, Jodar hésite « j’ai été très déçu de la manière avec le résultat obtenu ». Jodar affirme n’avoir connu qu’une seule défaite en dix-huit mois de travail en match officiel. « De toute façon je pars la tête haute », explique-t-il.

Agé de 57 ans, Jodar avait été recruté en juillet 2006 en qualité de sélectionneur et de directeur technique national en vue de la qualification des Aigles pour la Can Ghana 2008 et pour les éliminatoires combinés Can et mondial 2010.

A noter que Jean-François Jodar avait été engagé sur la base d’un contrat de quatre ans signé sous l’intermédiation de l’équipementier Malamine Koné.


Boubacar Diakité Sarr

12 mars 2008.