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La Coordination des associations des Maliens expatriés de la Côte d’Ivoire (CAMRCI) était lundi face à la presse pour faire le bilan de deux années d’activités et des perspectives. Confrontée présentement à un problème de financement pour la réalisation de ses projets, la CAMRCI continue de courir après les 300 millions de F CFA que Bakoré Sylla a débloqués en son nom en 2006. Ce fonds a disparu entre des ministères.

Les événements regrettables de septembre 2002 en Côte d’Ivoire ont été ressentis un peu partout en Afrique de l’Ouest. Notre pays, qui comptait plus de 3 millions de citoyens dans ce pays, a été durement frappé. 51 152 Maliens qui étaient installés dans ce pays ont été contraints de regagner le bercail pour des raisons de sécurité.

Ce retour, organisé en avion et en bus, a causé beaucoup de problèmes à nos compatriotes qui, en plus des grandes pertes matérielles, ne savaient plus que faire au pays natal abandonné par certains depuis plus de 20, voire 30 ans.

Ainsi, les rapatriés, outre de l’aide des autorités, ont pris leur destin en main. Ils se sont organisés en association pour défendre leurs intérêts. Ce qui a abouti à la création de la CAMRCI en 2006 pour l’insertion socioprofessionnelle des Maliens expatriés de la Côte d’Ivoire, et pour faire face à la problématique du logement et de l’éducation de leurs enfants.

La conférence de presse de lundi de CAMRCI portait sur deux points : le bilan des activités de 2006-2008 et les perspectives 2009-2011. Balla Magassa, le secrétaire général de la CAMRCI, indiquera que de 2006 à nos jours, la Coordination a pu atteindre certains de ses objectifs.

Sur le plan de logement, il dira que la Coordination a pu avoir 300 lots à Tingole, 110 lots à Maracakoungo et des hectares à Diatoula pour ses membres.


Problème de financement

« On attend les titres fonciers pour les attribuer aux membres » , a-t-il ajouté. Selon le conférencier, la CAMRCI a construit deux écoles fondamentales pour les enfants des Maliens expatriés en Côte d’Ivoire. Elle a pu réinsérer 450 femmes et plusieurs jeunes qui ont dépassé l’âge d’aller à l’école, a dit le conférencier, ajoutant que les années 2009-2011 seront consacrées à la construction des lots.

« On va investir les hommes dans l’agriculture et augmenter le nombre d’emploi des femmes. Nous nous basons sur l’emploi des femmes parce que beaucoup d’hommes sont retournés en Côte d’Ivoire et ont laissé sur place leurs femmes et enfants ».

A cause du manque de financement, les projets de la CAMRCI auront du mal à être réalisés. Balla Magassa a déploré que l’argent que Bakoré Sylla leur a généreusement octroyé dorme dans un compte bancaire. « De 2006 à nos jours, on a fait des recherches pour savoir où se trouve ce fonds. Mais, jusque-là on n’en sait pas plus. On a fait le tour des ministères et du gouvernorat de Bamako, mais chacun a toujours dit que c’est l’autre qui garde le fonds », a-t-il regretté.

Alassane Sanogo, le président de l’Association des jeunes Maliens expatriés de la Côte d’Ivoire, ajoutera « qu’on dit que le fonds est bloqué dans un compte bancaire. Bakoré nous a affirmé qu’il a donné le fonds aux autorités, qu’il ne sait malheureusement plus là où on l’a mis ». Il a précisé que le montant du fonds est de 300 millions de F CFA.


Sidiki Doumbia

06 Janvier 2009