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C’est une manière paradoxale de regagner le bercail que la Libye du Colonel Mouammar El Kadhafi a choisi pour certains Maliens qui séjournent chez lui : avec les larmes aux yeux pour ceux d’entre eux qui en ont encore.

Ils arrivent par vagues de centaines à l’aéroport international de Bamako Sénou. C’est ainsi que dans la nuit du 12 au 13 novembre est arrivée une vague de 280 migrants expulsés de la Libye. Selon Rfi, 140 autres sont attendus.

Ce n’est plus qu’un secret de Polichinelle, les Libyens ne veulent pas sentir les Maliens en Libye, et cela n’a pas commencé aujourd’hui. Chaque fois que le pays du Guide veut se délester des Maliens, le prétexte de l’irrégularité de leur situation est tout trouvé. Et les expulsions en cours ne font pas exception. Ainsi dans la nuit de mercredi à jeudi un premier convoi de Maliens expulsés est arrivé par vol spécial. Un deuxième avion suivra le jeudi et transportant 140 Maliens.

Selon les témoignages des infortunés, ils ont été l’objet de sévices corporels par les forces de l’ordre libyennes, de détentions arbitraires dans des conditions inhumaines et dégradantes. Certains de nos compatriotes sont arrivés gravement malades, après un an de prison, dépossédés de tous leurs biens qu’ils ont pourtant acquis à la sueur de leur front. Leur faute, leur seul tort est d’avoir été là lorsque le bon vouloir de Kadhafi est de ne pas les voir dans son pays.

Aujourd’hui nombreux sont les Maliens qui ne se font plus de doute sur les intentions du Guide libyen, souvent présenté comme un ami du Mali et de l’Afrique. Il n’en est rien édifient les expulsés à leur arrivée à Bamako. Ils sont partis, ils ont vécu et ils sont revenus : Kadhafi n’est pas un ami du Mali, ni de l’Afrique, il vise ses intérêts.

Comme à l’accoutumée, ces Maliens, à leur arrivée sont pris en charge par les services de la protection civile de Bamako où ils bénéficient de traitements sanitaires appropriés. Ensuite, les expulsés sont conduits dans leurs localités d’origine.

B. Daou

14 Novembre 2008