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Le plan d’aménagement des résidences Mali-Univers et le « Village Can » est aujourd’hui remis en cause par des constructions jaillissant de terre et ne respectant ni la vocation des espaces encore moins les normes en vigueur en matière d’urbanisme et d’environnement.

Les résidents des 120-Logements des cités Mali-Univers et du « Village Can » situés à l’est de la Gare marchandises assistent indignés à des travaux de constructions multiples qui compromettent définitivement toute possibilité d’aménagement et mettent en péril leur santé et leur intégrité physique.

Le plan d’aménagement de la zone est remis en cause à travers des constructions illicites. Or, les habitants des deux cités voisines ont acquis les logements après avoir pris connaissance du plan d’aménagement global. Ce document, qui prévoyait les infrastructures d’évacuation des eaux de ruissellement, des eaux usées, des voies de dégagement, était à la base de l’engagement des acquéreurs.

Pour manifester leur ras-le-bol face à la dépravation des plans d’aménagement, les résidents des deux cités ont pris d’assaut samedi le goudron qui relie Mali-Univers au centre ville. Selon la présidente de l’Association pour le développement et la solidarité entre les habitants de cité Mali-Univers (ADSS), Mme Ballo Hélène Binta Kouyaté, Le chantier entre Mali-Univers et le « Village Can » a empiété sur la route sur plus de 6 m englobant par la même occasion la ligne de télécommunication de la Sotelma.

Hormis les problèmes d’empiètement sur la rue et d’obstruction du passage de l’eau la construction en cours, selon des sources, serait de type industriel (construction d’usine ou dépôt de produits industriels).

A en croire la présidente de l’Association, un terrain jouxtant le chantier face à la route de Sotuba est utilisé comme dépôt géant de gravats et comme usine de concassage. Cette situation a pour corollaire la circulation en continu d’engins lourds d’exploitation de carrière, entraînant un bruit infernal, une pollution insoutenable et des risques d’accidents.

A la hauteur des deux cités, du côté sud de la route de Sotuba, plusieurs constructions ont été réalisées ou sont en cours de réalisation. Leurs propriétaires entreprennent systématiquement de remblayer le passage de l’eau le long de la route pour accéder à leurs parcelles.
Réclamations

Le hic aux dires de Mme Ballo Hélène Kouyaté, c’est qu’un constructeur vient d’ériger des mûrs pour fermer le collecteur réalisé par l’Etat qui draine les eaux de ruissellement sur la route vers le fleuve.

« La conséquence est que toutes les eaux de ruissellement venant des quartiers situés au nord et allant vers le fleuve se trouveront bloqués dans nos quartiers par la route et les constructions qui la longent » .

De l’avis du porte-parole de l’ADSS, Youssouf Maïga, les constructions obstruant les voies de sortie et l’écoulement normal des eaux, appartiennent à des gens qu’ont dit riches et puissants avec la complicité des agents publics véreux.

Au regard de l’ampleur et la gravité des faits, les riverains, à travers une déclaration rendue publique, exigent notamment la suspension de tous les travaux à caractère industriel, la clarification du plan d’urbanisation de la zone Sotuba, en l’occurrence Mali-Univers et « Village Can », la mise en œuvre du plan d’urbanisation proposé par l’ACI et base des engagements des promoteurs immobiliers et des résidents, la démolition des constructions ayant contribué à obstruer les voies d’écoulement des eaux, la remise en état des voies de dégagement et d’écoulement des eaux.

« Nous demandons la cessation des travaux sur le site. Ici, c’est une zone d’habitation. Il y a la zone industrielle de Sénou » , a insisté la présidente de l’ADSS.

Les responsables de l’Association ont adressé des correspondances au président de l’Assemblée nationale, aux ministres de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme, de l’Environnement et de l’Assainissement, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, au gouverneur du district, au Médiateur de la République et au maire de la Commune I.

Mais jusque-là, dit-on, aucune réaction de la part de ces autorités.

Mohamed Daou

20 Avril 2009