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La sécurité dans le nord du Mali, aux mains des rebelles touaregs et de groupes islamistes, inquiète les pays de la région. Une délégation d’Ansar Dine rencontrera lundi 18 juin, à Ouagadougou, au Burkina Faso, le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao dans cette crise.

Pour la médiation burkinabè, le simple fait qu’Ansar Dine ait envoyé une délégation à Ouagadougou est un signe positif. Le signe qu’Ansar Dine est prêt au dialogue.

Blaise Compaoré va surtout s’attacher à écouter ses interlocuteurs et à obtenir des clarifications sur les intentions du mouvement emmené par Iyad Ag Ghaly qui n’est pas présent lui-même à Ouagadougou.

Le 9 juin dernier, une délégation du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad), l’autre mouvement touareg, était reparti de Ouagadougou avec l’intention de soumettre aux différentes composantes touarègues une plateforme de négociation.

La médiation burkinabè espère qu’Ansar Dine formalisera à son tour une plateforme. Les Burkinabè chercheront aussi à sonder le mouvement quant à ses revendications les plus extrêmes comme l’application de la charia au Mali. Autre point d’interrogation : les liens entre Ansar Dine, mouvement politico-militaire et al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), considéré comme un mouvement terroriste.

Il est encore trop tôt pour évoquer les pistes de négociations futures mais Ouagadougou caresse l’idée d’une prochaine médiation inclusive, regroupant Ansar Dine et le deuxième mouvement touareg, le MNLA.

Enfin, la médiation précise que ces négociations se font sous l’égide de la Cédéao et avec un suivi attentif du président nigérian Goodluck Jonathan. Il sera informé en temps réel de l’avancée des discussions.

rfi, le 17/06/2012


Mali-Burkina Faso : une délégation de Ançar Eddine chez Compaoré

Une délégation du groupe islamiste Ançar Eddine, qui contrôle avec d’autres groupes armés le nord du Mali, sera reçue aujourd’hui par le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur ouest-africain dans la crise malienne, a-t-on appris hier de source proche de la médiation.

Médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), «le président Compaoré doit recevoir demain» la délégation arrivée vendredi, a indiqué à l’AFP cette source. A la veille de cette première rencontre, le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, a reçu hier les six représentants d’Ançar Eddine pour des «discussions préliminaires», selon l’expression de M. Bassolé, a constaté l’AFP. M. Compaoré avait rencontré le 9 juin une délégation du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg), qui s’était déclarée «disponible» pour des négociations de paix.

Dans la foulée d’un putsch le 22 mars à Bamako, l’immense région désertique du nord du Mali est tombée aux mains du MNLA et surtout d’Ançar Eddine et de son allié djihadiste Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI). La Cédéao prépare l’envoi, en cas d’échec de la négociation, d’une force militaire de près de 3300 éléments au Mali, notamment pour combattre les groupes armés. Mais le Conseil de sécurité de l’ONU s’est abstenu par deux fois cette semaine d’apporter son soutien au projet de force d’intervention au Mali présenté par l’Union africaine et la Cédéao, le jugeant notamment trop imprécis.

Source : Elwatan.com, le 18 Juin 2012