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Du 23 septembre au 4 octobre 2013, une mission du Fonds monétaire international (FMI) a séjourné à Bamako. Dirigée par Christian Josz, l’équipe a discuté d’une demande d’appui au titre de la Facilité élargie de crédit (Fec) pour soutenir le programme économique des autorités maliennes. Les conclusions de la mission ont été présentées vendredi à la presse au ministère de l’Economie et des Finances.

Madani Touré, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget, et Christian Josz, chef de la mission du FMI en séjour au Mali pour la relance économique après la libération du pays, ont rencontré vendredi dernier à l’hôtel des Finances la presse.

Il s’agissait, pour les deux personnalités, d’informer l’opinion nationale sur les mesures et les recommandations prises pour permettre à notre pays de sortir du marasme économique engendré par l’occupation des 2/3 du pays et surtout par la suspension de l’aide publique suite au coup d’Etat de mars 2012.

Selon M. Josz, l’année 2013 a marqué un tournant pour le Mali. A ses dires, les jalons les plus remarquables ont été la libération du Nord, l’organisation réussie d’une conférence de bailleurs de fonds, le déploiement d’une force de sécurité des Nations unies pour faciliter le processus de paix et de réconciliation et la tenue de l’élection présidentielle transparente et crédible.

« Ces événements favorables sur le plan politique et sécuritaire ont des retombées positives sur le plan économique », a dit M. Josz, ajoutant que le PIB, qui s’était contracté de 0,4 % en 2012, devrait afficher une croissance de 5,1 % en 2013.

Appuyé par le ministre Madani Touré, l’émissaire du FMI a argumenté ses propos par la bonne pluviométrie enregistrée cette année. Toutes choses, a-t-il poursuivi, qui permettront au secteur primaire de connaître une croissance de près de 6 % en 2013. « Le secteur secondaire se montre stable, le repli minier est compensé par la croissance d’autres activités et il convient de souligner que le secteur tertiaire connaît un redressement vigoureux de près de 7 % ».

Selon les conférenciers, il est prévu que l’effet de l’aide convenue lors de la conférence des bailleurs de fonds se fasse pleinement sentir en 2014 et que la croissance soit encore meilleure durant cette année-là. « L’inflation moyenne pour 2013 descendra à près de zéro ».

Après avoir rencontré les plus hautes autorités du pays, la mission a noté, selon M. Josz, que le gouvernement a enregistré de bons résultats dans le cadre de son programme appuyé par la Facilité de crédit (FCR) du FMI. Il a observé, à l’en croire, la plupart des indicateurs liés au budget rectificatif de 2013 et a continué à faire des progrès dans l’amélioration de la gestion des fiances publiques.

Pour le FMI, les réformes qui sous-tendent le programme ont pour objectifs d’accroître le recouvrement des impôts, d’améliorer la gestion des finances publiques, de lutter contre la corruption et d’améliorer le climat des affaires, notamment grâce à un accès plus aisé au financement du secteur bancaire et meilleur approvisionnement en électricité.

Selon le conférencier, les échanges sur les réformes économiques qui devront sous-tendre ce programme ont bien avancé et se poursuivront cette semaine à Washington à l’occasion des réunions du printemps du FMI et de la Banque mondiale. Le conseil d’administration du FMI devrait discuter de ce nouveau programme en décembre 2013, a-t-il indiqué.

Idrissa Sako

16 Octobre 2013