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Ce projet d’incubateur interuniversitaire nous a été soufflé par Docteur Jacqueline konaté, maître-assistant à l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), dans le département Mathématiques et Informatique . Dans les lignes qui suivent, elle nous parle des tenants et aboutissants du projet.

D’abord, un incubateur universitaire est une structure liée à la valorisation de la recherche publique universitaire. Il est mis en place par les établissements d’enseignement supérieur et de recherche (universités, écoles, organismes de recherche). Il concentre son activité sur les projets de création d’entreprises innovantes valorisant les compétences des étudiants de l’établissement en question et les résultats de leurs laboratoires ou d’autres laboratoires de recherche publique.

Pouvez-vous nous éclairez sur ce projet d’incubation interuniversitaire ?

L’idée vient des recteurs des quatre universités de Bamako et également l’université de Ségou. Ils se sont réunis pour mettre en place un seul incubateur pour toutes ces universités. Si chacune de ces universités étaient amenées à créer son propre incubateur, cela demanderait beaucoup de moyens et elles vont avoir du mal à supporter un incubateur chacune.

Quelles sont les aspirations communes pour cet incubateur?

L’objectif est de permettre aux étudiants et aux professeurs d’avoir un espace pour la création d’entreprise. L’idée est d’impulser l’entreprenariat dans le milieu universitaire. De surcroît, on ambitionne de vulgariser les résultats des recherches. Comme c’est dans le milieu universitaire, les porteurs de projet étant les étudiants et les professeurs, nous avons à notre portée plusieurs projets qui dorment dans les placards. Nous avons des laboratoires de projets qui produisent des connaissances, sans pour autant les mettre en évidence. Certains étudiants peuvent ainsi prendre ces idées et en faire des vraies idées de projet d’entreprise pouvant créer de la valeur. Cela va également améliorer la qualité de l’enseignement. Car si on a un outil comme cela, il va avoir des feedbacks positifs qui vont grandement impacter les programmes de nos universités.

Ce sera le premier incubateur public au Mali. Est ce qu’au niveau du financement, il y a eu un quelconque accrochage ?

Les universités qui y sont impliquées sont étatiques. Le financement viendra de ces universités. Chacune apportera sa pierre à l’édifice. Il y aura des partenariats notamment avec des banques ou d’autres structures pouvant apporter du capital. Mais ce sont les universités qui vont de façon pérenne, garantir le financement. Ce sera destiné aux étudiants et aux professeurs. Seuls ceux qui sont issus de cette population vont pouvoir profiter de cet avantage.

Jusqu’à aujourd’hui, tous les incubateurs au Mali sont privés. L’ambition de ce projet qui aura sûrement le vent en poupe, est de pouvoir donner aux 4 grandes facultés de Bamako, un réel sens à leurs projets estudiantins. L’incubation permet en effet d’acquérir un état d’esprit axé sur l’interaction avec le monde.C’est une ouverture qui permettra aux étudiants maliens de déterminer comment les problèmes nationaux ou mondiaux sont structurés et imbriqués.

D’après Mme Jacqueline Konaté, les étudiants créent des initiatives, des applications, des outils informatiques pouvant faciliter la vie de beaucoup d’entreprises locales. Mais souvent négligés, ces projets n’ont pas la chance d’être exploités dans les entreprises de la place ou même au delà. “Certains sont quand même sortis du lot. Et aujourd’hui ces entrepreneurs sont des millionnaires grâce à leur solution efficace et adoptée par certaines société de la place” déclare t-elle. Elle lance un appel vibrant à l’endroit des dirigeants maliens de pouvoir soutenir ce projet pour inciter les étudiants à créer de la valeur.

Aissata Keita

Bamako, le 24 Octobre 2018

©AFRIBONE