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Des Aigles conquérants sur les remparts !


Quelle serait la réaction des Aigles du Mali après la défaite (2-3) du 14 juin 2008 à Khartoum (Soudan) ? Telle était la question que de nombreux supporters des Aigles du Mali se posaient à l’entame de la rencontre Mali-Soudan de dimanche dernier.

En tout cas, la réaction de l’entraîneur national Stephen Keshi ne s’est faite pas attendre. C’est une formation profondément remaniée qu’il a alignée. En effet, parmi les onze rentrants, on notait la présence de trois joueurs qui faisaient leur entrée dans ces éliminatoires combinées Can/Mondial-2010.

Il s’agit d’Amadou Sidibé, Souleymane Diamouténé et Souleymane Dembélé, ce qui condamnait au banc des joueurs comme Cédric Kanté et Adama Tamboura qui avaient joué les trois précédentes rencontres. Des attaquants comme Mamadou Bagayoko et Mad’Diallo étaient également sur la touche.

Des changements qui étaient sans doute de nature à bouleverser les stratégies de l’adversaire qui ne s’attendait pas certainement à un tel remaniement en profondeur.

Comme on pouvait s’y attendre, les Aigles ont entamé la partie tambour battant en espérant cueillir à froid les Crocodiles du Nil. Malheureusement, les Maliens ont beaucoup péché par précipitation. Le Mali manquait visiblement de cohésion dans son jeu offensif. On constatait surtout que Frédéric Oumar Kanouté n’était pas à l’aise avec ses appuis, surtout Souleymane Dembélé.

Toutefois, le Mali ouvre le score à la 25e minute par Frédéric Oumar Kanouté. Le goleador a astucieusement exploité un corner magistralement tiré par Souleymane Diamouténé. Ce but oblige les Crocodiles à sortir de l’eau. Ce qui permet aux protégés de Keshi de mieux élaborer leur jeu.


La manière en plus

A la reprise, les Aigles maintiennent la pression, même s’ils concèdent leur premier corner de la partie. Cela paye à la 59e minute par Seydou Kéita qui a repris un judicieux centre en retrait de Souleymane Dembélé. C’est d’ailleurs le même Seydoublen qui allait donner à la victoire malienne une allure de fête en récidivant à la 67e minute.

Très opportuniste, le néo-Barcelonais a victorieusement repris de la tête un centre de Djilla. L’entrée de Kalifa Cissé et de Mad’Diallo permet de conforter la suprématie malienne. C’est sur le score de 3-0 en faveur des Aigles du Mali que prend fin la partie. Une vraie correction infligée aux Crocodiles du Nil.

Les Aigles ont donc pris leur revanche en régalant leurs supporters d’actions d’éclat. Comme l’a souligné le doyen Djibril Traoré, Djilla et ses coéquipiers ont fait honneur au football malien, aux générations précédentes qui ont écrit les plus belles pages du football africain.

On peut dire que Stephen Keshi n’est pas loin de l’équipe type qu’il veut bâtir. Pour la première fois, le Mali a marqué sans prendre de buts. Les Aigles ont fait preuve de rigueur défensive avec un milieu conquérant et une attaque qui brille par son efficacité depuis le début de ces éliminatoires.

Par cette victoire, le Mali conforte sa première place dans ce groupe 10 des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010. Ce qui lui permet de préparer avec sérénité le retour contre le Congo-Brazzaville en septembre 2008.


Alphaly


Sans panneaux

C’est dans un stade du 26-Mars, orphelin de ses panneaux publicitaires, y compris les ordinaires, que s’est disputée la 4e journée des éliminatoires combinées Can/Mondial-2010 Mali-Soudan le dimanche 22 juin 2208. A en croire certaines indiscrétions ça pourrait être la rupture annoncée du contrat Ifap Sports/Malifoot signé il y a seulement quelques semaines.


Un maillot ordinaire

Ce sont des maillots bien floqués et achetés au Mali à la veille de la rencontre que l’équipe du Soudan a arborés dimanche contre les Aigles. A l’origine, les Soudanais, après plusieurs périples sont arrivés au Mali vendredi dernier sans leur équipement. Mieux un membre de la délégation, dépêché pour ramener un autre équipement est arrivé, mais sans celui-ci. Et c’est grâce au concours d’un compatriote résident au Mali que les Crocodiles ont pu avoir des équipements dans un magasin de sport de la place.

Confrères arabisants

Quatre journalistes soudanais, deux de la télé, et deux de la presse écrite ont effectué le voyage de Bamako. Mais ces confrères ont connu un vrai problème de communication avec leurs collègues maliens pour la simple raison qu’ils ne parlent qu’arabe.

Un cas

Un supporter malien pour se moquer des Soudanais avait déployé une pancarte sur laquelle on pouvait voir les crocodiles dans l’eau. Et de poursuivre : « Au Mali, il n’y a ni mer ni Nil ». Vous serez sur la mer du stade 26-Mars.

Echos du 24 Juin 2008