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Au lendemain de sa désignation comme président de la transition, d’une durée de 40 jours, comme le prévoir la loi, le chef de l’Etat intérimaire du Mali, le président de l’Assemblée nationale, s’activait encore mercredi, à la veille de son investiture, pour préparer la transition. La première mission de Dioncounda Traoré sera de résoudre la crise au Nord. Mais quelle place occupera la junte sortante pendant cette période de transition ?

C’est de l’utopie de penser que lors de cette transition, les hommes de la junte vont rester en marge du pouvoir, confie sans sourciller un diplomate chevronné impliqué dans le dossier.

De source proche des facilitateurs burkinabè, plusieurs militaires devraient apparaître dans le gouvernement qui comptera une vingtaine de membres. Ils seraient entre autres en charge, des ministères de la Sécurité et de la Défense rebaptisés ministère de la Guerre en raison de la situation dans le nord du pays.

Tout le monde bien sûr s’interroge sur la présence ou non du capitaine Amadou Sanogo dans ce gouvernement de transition, mais surtout sur ce conseil militaire que prévoit l’accord-cadre.

Le conseil militaire est-il au-dessus de l’état-major ou le remplace-t-il? Dioncounda Traoré, le président de la République par intérim, est-il chef des armées comme le stipule la Constitution ou est-ce le Premier ministre qui a les pleins pouvoirs.

Les leaders politiques sont partagés. Et preuve que rien n’est encore gagné et que la transition nécessitera habileté et doigté. Lors d’un récent tête-à-tête, le capitaine Amadou Sanogo a fermement invité le président par intérim Dioncounda Traoré à relire l’accord-cadre paraphé exclusivement par la junte malienne et la Cédéao.

Selon la lecture qu’en fait le capitaine Sanogo, c’est la junte qui choisit les hommes de la transition. Le président par intérim a la charge de les « nommer ».

La crise au Nord

A peine installé à la tête de l’Etat pour 40 jours, Dioncounda Traoré aura la lourde tache de gérer la crise au Nord, où la situation demeure préoccupante. Il aura, face à lui, une population contrariée, fâchée, des jeunes qui se disent près à se battre. Une population en colère, réunie le 11 avril dans le stade Modibo Keita de Bamako, pour dénoncer la division du Mali et les atrocités dans le Nord.

Article publié le : jeudi 12 avril 2012 – Dernière modification le : jeudi 12 avril 2012 par RFI