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Les résultats de la présidentielle malienne du 28 juillet sont connus. C’est Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK qui arrive en tête avec 39% des voix contre 19% pour son rival Soumaila Cissé. Contrairement aux déclarations maladroites et tendancieuses de Moussa Sinko Coulibaly, le ci-devant ministre de l’Administration territoriale qui avait enfilé un costume qui n’est pas le sien, il y aura bel et bien un second tour au Mali. Pour la crédibilité même du scrutin, un second tour était nécessaire, si tant est que l’on ne voulait pas plonger le pays de Soundjata Kéita dans une nouvelle crise après que les djihadistes l’eurent profondément troublé.

Du reste, comment ne pas se réjouir du sens de responsabilité dont ont fait montre les candidats en appelant leurs militants au calme ; alors même que certains d’entre eux dénonçaient, dès le lendemain du scrutin, de graves irrégularités voire des bourrages d’urnes.

C’est à leur honneur. Pourvu que prévale tout au long du processus cet esprit de sagesse et de grandeur. Cela d’autant rien n’est encore joué dans cette présidentielle. Certes, il vrai que mathématiquement IBK est en position de l’emporter ; mais comme en politique, 2X2 ne font pas forcément 4, bien des choses peuvent se passer d’ici la tenue du second tour.

On l’a vu en Guinée, où avec seulement 19% contre 44% pour son rival Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé a remporté la présidentielle au second tour après moult reports. Ce serait donc prématuré pour IBK et ses ouailles de crier victoire, même s’ils peuvent se féliciter d’avoir eu un soutien de taille, celui de Dramane Dembélé qui vient en troisième position avec près de 10% des voix. Surtout que Dembélé lui-même est allé contre la volonté de son parti, l’ADEMA, qui appelle à voter pour le candidat Soumaila Cissé. Qu’est-ce qui donc explique cette pirouette de Dramane Dembélé ?

A-t-il tout simplement décidé de soutenir le plus fort du moment dans le but de glaner quelques portefeuilles ministériels ? Bien malin qui saura répondre à ces questions. Toujours est-il que Dramane Dembélé joue à un jeu dangereux. Car non seulement son appel à voter pour IBK a très peu de chances d’être entendu et lui-même encourt le risque d’être suspendu par son parti pour indiscipline.

A l’analyse, on a l’impression que Dramane Dembélé nourrit une certaine aversion contre Soumaila Cissé au point qu’il voulait entrainer son parti dans cette querelle personnelle. C’était sans compter avec la clairvoyance des ténors du parti qui se sont démarqués de son attitude. En tout cas, tout ce ramdam est la preuve que le second tour de la présidentielle malienne promet beaucoup de surprises. On attend de voir.

Boundi OUOBA

Publié le dimanche 4 août 2013

Source : Lepays.bf