Partager

Dès le premier pas sur la terre malienne, une chose s’impose à nous : la chaleur.

Malgré mon arrivée tardive dans le pays (2 h 30 du matin), la température n’en reste pas moins en dessus de 25°c. A cette époque de l’année, le thermomètre angevy n’affiche pas plus de 1°c, le changement est radical.

L’accueil fait lui aussi preuve d’une chaleur particulière. Je réponds à chaque coin de rue au « Bonjour », comment ça va ? Que l’on m’adresse.

Peut-être est-ce une tradition malienne de saluer agréablement les gens et particulièrement les étrangers. Cependant, les Bamakois me regardent avec insistance comme les 3 autres jeunes filles avec qui je suis venue et un sentiment de gêne s’empare de nous.

En France, on ne salue que les personnes que l’on connaît et on feint d’ignorer les autres lorsque nous sommes dans la rue ou dans un lieu public.

Ce n’est absolument pas une tradition, mais la peur du regard de l’autre, nous vivons dans la méfiance.
Après quelques jours dans la capitale malienne, je me rends compte que Bamako a 2 visages.

D’une part, une réelle envie de vivre avec son temps, de s’émanciper. On peut admirer des bâtiments très modernes qui poussent dans tous les quartiers (le Musée national du Mali, le Centre international des conférences, les facultés sur la colline du savoir).

La pensée est tournée vers le futur et le développement. Plusieurs partenariats inter villes ou inter pays ont été mis en place afin de concrétiser cet aspect.

De la même manière, le paysage médiatique m’a impressionné. Je ne pensais pas qu’il y avait autant de liberté d’expression et de moyens pour les médias.

L’autre visage est plus triste, malgré un développement certain, la vie bamakoise reste rude et épuisante : chaleur, saleté et pollution sont des facteurs qui accentuent l’aspect éprouvant et la difficulté de vivre dans la capitale.

Mais, l’acclimatement prend forme et j’espère découvrir encore beaucoup de cette ville et de ces habitants.

Tricard Caroline

Stagiaire

CHRONIQUE SUR BAMAKO


28 février, 3 h 50, l’avion touche le sol malien. Première expérience des terres africaines pour (de) jeunes toubabous.

Une chaleur agréable nous enlace. Les noctambules ne s’y trompent pas, cette heure tardive rend l’atmosphère douce, faisant alors face à ladite période de chaleur de cette époque à Bamako.

Un chauffeur nous conduit à travers ces lieux si méconnus, ou si stéréotypés depuis l’occident. La nuit fait l’effet d’un voile altérant notre vision du paysage.

Car, ce n’est qu’au réveil, le lendemain, que s’ancre dans nos esprits la conscience d’être là, en terre malienne, dans cette capitale dont on a tant parlé.

Chaleur, poussière, pollution laissent bientôt place aux couleurs, animations, odeurs à la proximité avec les gens.

Bien qu’informées et conseillées sur ce pays du Mali, nos pensées cheminent inéluctablement vers un point : le choc des civilisations.

Ni négatif, ni positif, ce terme marque simplement les différences de culture qui font des premières promenades en rues bamakoises un dépaysement total.

Tour à tour agressive, oppressante, accueillante… la capitale malienne dévoile peu à peu charmes et vices.
Encore tiraillées entre notre bulle de vie à la Française et la vie malienne, les habitudes s’installent.

C’est alors qu’une rue, un lieu, une odeur deviennent un jour familier : sensation si étrange et agréable.

Je suis aujourd’hui heureuse de pouvoir vivre une expérience à Bamako. Cette capitale africaine dont on dit d’elle, qu’elle agit comme un aimant sur les gens qui y ont un jour goûté.

Des projets en tête et les cartes en mains, nous voilà prêtes à explorer le Mali, car un pays n’est pas qu’une capitale.

Et puis… parce que paraît-il, certains toubabous se plaisent, à tomber amoureux de ces terres africaines qui, parfois effraient, souvent accueillent et toujours charment.

Arnou Clarisse

stagiaire

06 mars 2006.