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Depuis 2012, notre pays le Mali traverse une crise profonde. Ainsi, pour stabiliser le pays, il est impératif pour les pouvoirs publics d’engager des reformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales. C’est conscient de cet état de fait que le Centre d’étude et de réflexion au Mali (Cerm) en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert a organisé un grand colloque les 25 et 26 juin 2016 à l’hôtel Radisson Blu sur le thème : « Quelles reformes politiques et institutionnelles prendront en compte les défis présents et futurs du Mali ? ». L’un des objectifs de ce colloque est d’évaluer les reformes politiques et institutionnelles majeures introduites au Mali dans le passé, d’identifier les facteurs majeurs de blocage que ces reformes ont rencontré et proposer des solutions ou approches innovantes susceptibles de lever les blocages.

La cérémonie d’ouverture de ce colloque était présidée par le ministre de la décentralisation et de la reforme de l’Etat, Mohamed Ag Erlaf, en présence du président du Cerm, Ousmane Sy, ancien ministre, du représentant de la Fondation Friedrich Ebert, Jan H Falbusch, des experts, des anciens ministres, des diplomates et d’autres personnalités. « Fruit du partenariat entre le Centre d’Études et de Réflexion au Mali et la FES, le présent colloque est une contribution à la réalisation de vœux et souhaits de citoyens et citoyennes maliens de tous les horizons du Mali. A titre d’illustration, le dernier sondage Mali-Mètre réalisé en décembre 2015 a révélé que les Maliens approuvaient à 70% une réforme de l’Etat ou de la gouvernance », a souligné le représentant de la Fondation Friedrich Ebert, Jan H Falbusch. Avant d’ajouter que les solutions qui garantiront un Mali stable et prospère passent par les réformes politiques et institutionnelles, économiques et sociales, juridiques et judiciaires. « Ce sont ces réformes qui permettent de rétablir la confiance entre les citoyens et entre eux et l’Etat. Elles permettent d’améliorer considérablement les conditions socioéconomiques des jeunes qui constituent la très forte majorité de la société malienne », a-t-il dit. A l’en croire, les attentes des populations maliennes sont entre autres : la relance de l’économie, de l’emploi pour les jeunes et de bonnes récoltes, la fin de la pauvreté et de la corruption, un meilleur accès aux soins de santé, le développement des infrastructures et un meilleur système scolaire. « C’est la raison pour laquelle nous félicitons le CERM d’avoir accepté de mettre cet enjeu en débats de manière à identifier non seulement les réformes, mais les obstacles majeurs à l’effectivité des réformes et de formuler des recommandations d’actions permettant un Mali nouveau », a-t-il conclu.

Pour sa part, le président du Cerm, Ousmane Sy a fait savoir qu’il faut courageusement attaquer les reformes nécessaires car le Mali est dans une impasse institutionnelle et sociale. « Le Mali a vécu une crise profonde, complexe, je dirai même inédite. Le Mali est familier des crises parce que nous avions connu depuis l’indépendance trois coups d’Etat militaire et 4 rebellions. Nous sommes caractérisés par une certaine instabilité d’au moins institutionnelle. Cette crise nous a choqués et bouleversés. Mais c’est le sort de toutes grandes nations. Nous devons réfléchir à faire de cette crise une opportunité de changement », a déclaré l’ancien ministre Ousmane Sy.
Quant au ministre Ag Erlaf, il a indiqué que le présent colloque permettra des échanges entre les acteurs politiques et institutionnels, les experts techniques et les organisations de la société civile sur ces réformes essentielles pour l’avenir du Mali. « Les réformes politiques institutionnelles économiques et sociales, bien marquées dans l’Accord pour la paix et la réconciliation sont déterminantes mais sûrement insuffisantes, comme toute œuvre humaine, pour donner une opportunité au Mali d’asseoir une démocratie et un développement profondément ancrés dans sa société. D’où la nécessité évidente d’institution stables et crédibles et d’acteurs conscients d’un devenir commun façonné par des siècles de convivialité et de brassage de race et cultures », a conclu le ministre.

Durant les deux jours du colloques, les experts ont débattus plusieurs thématiques qui sont entre autres : Pourquoi les reformes sont elles nécessaires pour sortir le Mali de la crise ? Quelles reformes politiques et institutionnelles peuvent prendre en compte les défis présents et futurs du Mali ? Quelles reformes économiques er sociales peuvent garantir le développement durable au Mali ? Reformes dans les domaines de la justice et de la lutte contre la corruption et l’impunité : quels comportements pour quel changement ? Un nouveau Mali est-il possible ?

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 27 Juin 2016