Partager

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré poursuit ses consultations, en vue de former un gouvernement d’union nationale. Ce jeudi 2 août 2012, il a reçu les présidents de différentes institutions comme l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), mais aussi des organisations féminines, ainsi que des associations de ressortissants du Nord, notamment arabes et touaregs. Pendant ce temps, la délégation du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), instance qui représente les associations musulmanes, vient d’achever un premier round de discussions avec les islamistes qui contrôlent le nord du pays.

C’est la première fois que le président du Haut conseil islamique du Mali Mahmoud Dicko se rendait dans le Nord, sous contrôle des islamistes. A Gao, sa délégation a rencontré les islamistes locaux du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique l’Ouest (Mujao). Les deux parties ont d’abord prié ensemble. Ensuite, la confiance s’est installée pour les discussions.

Selon un témoin, Mahmoud Dicko savait qu’il marchait quelque peu sur des œufs, et a pesé chaque mot pour faire passer le message : Bamako veut récupérer les 2/3 de son territoire occupé, et cela en évitant de faire la guerre. Réponse d’un porte-parole du Mujao contacté par RFI :

« Nous avons répondu que nous sommes tous des musulmans, et que nous sommes prêt à utiliser la voie du dialogue pour trouver une solution ». La volonté de dialogue est donc exprimée de part et d’autres, mais un caillou reste dans la chaussure : la charia. Pour ce premier round des négociations, les islamistes de Gao n’en démordent pas, la charia ne sera pas abandonnée.

D’après nos informations, le président du Haut conseil islamique rencontrera la semaine prochaine un homme qu’il connaît, Iyad Ag Ghaly , leader du mouvement armé Ansar Dine. Objectif ? Poursuivre les négociations.

Les réfugiés maliens dans la précarité. Antonio Gutteres, le haut commissaire de l’ONU aux réfugiés visitait ce mercredi 1er août le camp de Damba, dans le nord du Burkina Faso, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière malienne. Des milliers de Maliens ayant fui les violences dans leur pays y vivent difficilement.

Réfugiés maliens au Burkina Faso

A Bamako, alors que les autorités cherchent, depuis le coup d’Etat, à remettre sur pied une armée bien mal en point, du matériel de guerre commandé à l’étranger est pour le moment bloqué dans des ports de la sous-région.

Dix blindés à Conakry, des caisses de munitions, des armes lourdes à Dakar. Bakary Mariko, le porte-parole du Comité militaire de suivi de la réforme de l’armée (dirigé par le capitaine Amadou Haya Sanogo), dénonce l’attitude de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest. « La Guinée bloque du matériel lourd, relate-t-il. La Guinée, à travers son président, a intimé à nos militaires qui étaient partis chercher nos armes de quitter son territoire sous 48 heures. Nous ne comprenons pas trop l’attitude de la Cédéao, qui veut qu’on libère le nord du Mali alors qu’au même moment, ce sont les pays de la Cédéao qui bloquent nos matériels. »

Seule la Côte d’Ivoire a accepté, pour le moment, de dédouaner du matériel de guerre. Quarante-cinq pick-up sont arrivés récemment à Bamako. La Cédéao souhaitait apparemment stopper les ambitions militaires du Premier ministre Cheick Modibo Diarra et du capitaine Sanogo, qui voulaient lancer une offensive malienne dans le Nord sans appui extérieur. L’institution ouest-africaine attend des autorités maliennes qu’elles mettent en place leurs institutions de transition politique avant d’engager un processus militaire.

Article publié le : vendredi 03 août 2012 par RFI