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Qui dit que les grandes nations ne vacillent et ne chancellent pas ? Filles du Mouvement, elles sont proies aux cyclones et aux périls mortels mais en leur sein est une extraordinaire capacité de rebond. Parmi leurs enfants, ils sont certes rares à produire de la Grandeur mais chaque fois que le potentiel semble manifester une fin terrifiante, la Conscience de n’être qu’avec les autres, celle qui préserve la chaîne sacrificielle des générations se fait chaudron pour inviter au Devoir.

Si le Mali surprend « bellement » aujourd’hui, c’est parce qu’il a appris à surprendre depuis des lustres. La surprise elle-même est fille de Dieu. Dieu étant le nom de l’indicible et de l’innommable. Divine surprise, entend-on souvent. Malienne surprise, c’est que depuis Wagadu, en passant par le Mandé, le Songhaï et tant d’autres moments de gloire, le Temps malien s’est fait défi permanent. À celui qui vient d’être élu, quelque chose d’avant nous appelle à l’Honneur.

Ce « quelque chose » est ce qui fait notre «Malinité». Esprit de ceux qui veulent aller Ensemble. Notre pays n’est pas pourtant que beauté. Il est aussi vilenie quand l’injustice, le mal, la corruption, le mensonge, le favoritisme animent son quotidien mais en dépit de ces tares, il a la Force d’une transcendance métagénérationnelle qui fait que l’Essentiel est toujours préservé.

Le Premier défi d’IBK sera sans doute d’arrimer l’enjeu politico-géostratégique que porte la crise du Nord au principe constitutionnel de l’indivisibilité. Résoudre le problème du Nord sans trahir l’intérêt supérieur du pays, réussir cette mission, cela vaut déjà Bilan majuscule. Et c’est bien là que l’Histoire attend le président IBK au tournant des pièges. La Nation malienne doit savoir qu’elle est la première gardienne du Bien Commun des Citoyens : le pays et ses infortunes et espérances.

Yaya TRAORE, politologue

Le Reporter du 20 Août 2013.