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La salle de conférence du gouvernorat de Mopti a abrité jeudi dernier, la cérémonie de lancement officiel de l’édition 2023 des activités de la Semaine nationale de lutte contre la corruption, instituée par le décret n°10-624/P-RM du 26 novembre 2010.

C’était à la faveur d’un atelier de sensibilisation des élus et de la société civile de Mopti sur les conséquences socioéconomiques de la corruption.
La cérémonie d’ouverture était présidée par le gouverneur de la Région de Mopti, le colonel-major Abass Dembélé, en présence d’une forte délégation de l’Oclei conduite par le représentant du président de cette structure, Wally Sékou Traoré, des élus, des responsables de structures de contrôle de l’État, de juridictions et des syndicats.


La Semaine nationale de lutte contre la corruption est une volonté politique en cours depuis des années. Elle vise à mener des activités de sensibilisation et d’information du public sur les conséquences et avancées en matière de lutte contre ce fléau.
Elle entre dans le cadre de la commémoration de la «Journée internationale de la lutte contre la corruption», instituée par les Nations unies en application de la résolution 58/4 et célébrée le 9 décembre de chaque année.


Organisé par l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) en partenariat avec l’ONG canadienne Luceg, l’Enap et les autorités régionales, cet atelier vise à sensibiliser les participants sur l’importance de la prévention dans la lutte contre le phénomène. Pour ce faire, l’Oclei prévoit une série d’activités au profit des journalistes, des acteurs de la société civile et des structures de contrôle sur des thématiques en rapport avec le thème central : «La Convention des Nations unies contre la corruption a 20 ans : unir le monde contre la corruption.» Selon Wally Sékou Traoré, la corruption compromet le développement social et économique, sape les institutions démocratiques et l’État de droit. Elle est l’un des obstacles majeurs au développement de notre pays, a expliqué le représentant du président de l’Oclei. Selon lui, la Banque africaine de développement (Bad) rapporte que la corruption cause, à elle seule, une perte annuelle estimée à 148 milliards de dollars, soit 25% du PIB de l’Afrique.


Pour y faire face, l’Oclei est chargé de mettre en œuvre l’ensemble des mesures de prévention, de contrôle et de lutte envisagées au plan national, sous régional, régional et international pour une lutte efficace et coordonnée contre l’enrichissement illicite. En la matière, a expliqué Wally Sékou Traoré, sa structure travaille en étroite collaboration avec les autorités nationales, directement ou indirectement concernées par la lutte contre l’enrichissement illicite. «La corruption ne saurait être le problème du seul gouvernement.


Fonctionnaires à quelque niveau et qualité que vous soyez, élus, organisations de la société civile, journalistes, universitaires-chercheurs, hommes, femmes, jeunes et vieux, tous, nous sommes des ambassadeurs de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Chacun, pris dans son domaine ou secteur d’activité, a un rôle essentiel à jouer dans la prévention, la sensibilisation et l’éducation des populations pour un changement de comportement», a-t-il souligné.
Quant au gouverneur de région, il a qualifié la corruption et l’enrichissement illicite de nocifs, dangereux et graves. Il ressort des rapports des structures de contrôle que de 2005 à 2019, l’État a perdu 1.266 milliards de Fcfa, a noté le colonel-major Abass Dembélé. Ce manque à gagner, a-t-il déploré, aurait pu servir à financer la construction d’écoles, d’hôpitaux, d’infrastructures publiques, à donner accès à de l’eau potable aux populations.


Il a salué la tenue de cette rencontre qui, selon lui, répond au besoin de renforcement des capacités pour une bonne gouvernance.
Les travaux de l’atelier ont axés essentiellement sur deux panels.
Le premier se rapporte à une présentation sur les conséquences socio-économiques de la corruption et le rôle de la société civile dans la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Le second a trait à la structure de l’Oclei : le cadre légal, son organisation, ses missions et ses domaines de compétences.

Dramane COULIBALY / Amap-Mopti

Source: L’Essor