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Depuis quatre jours, les véhicules de transports en commun portant une immatriculation malienne sont systématiquement refoulés de la Mauritanie.

Pour en avoir, le cœur net, des transporteurs de la ville de Nioro du Sahel ont informé le préfet du cercle, Fallé Tangara qui s’est aussitôt rendu à Kobeni (premier cercle de la Mauritanie après la frontière malienne).

Son homologue qui n’a pas voulu lui donner les raisons profondes de cette décision s’est contenté de dire que l’ordre vient d’en haut de refouler les véhicules maliens.

En représailles, le préfet Tangara a ordonné la même mesure d’interdiction visant les véhicules mauritaniens sur son ressort administratif. Interpellées, les autorités mauritaniennes ont finalement expliqué que la mesure découle du respect d’un accord entre les deux pays qui prévoit que les transporteurs maliens ne sont pas habilités à embarquer des passagers mauritaniens une fois qu’ils franchissent la frontière après Gogui, la dernière commune malienne sur l’axe Nioro-Nouakchott.

On croyait l’affaire close. Mais mardi soir, tous les véhicules maliens de transports en commun ont de nouveau été refoulés avec leurs passagers à bord. Dans un car de « Bani-Transports », des passagers exténués par les péripéties du voyage et les tracasseries ne cessaient de se plaindre de ce manque d’égard des Mauritaniens vis-à-vis des Maliens. Ils ont presque tout perdu : temps et argent.

Il appartient à présent aux autorités nationales de s’investir pour trouver une solution durable à ce jeu de ping-pong : en revisitant l’accord en question et surtout à éviter que nos transporteurs soient les victimes de mauvaises humeurs de pays dit « frères et amis » mais qui, pour un oui ou un non, passe leurs nerfs sur nos routiers. Après le Sénégal, la Mauritanie, à qui le prochain tour ?

Toujours est-il que les transporteurs niorois, irrités par ces événements, ont décidé d’empêcher leurs homologues mauritaniens d’exercer sur le territoire malien.

Mohamed Lamine Sylla

31 Octobre 2008