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L’Union européenne appelle à un « cessez-le-feu immédiat » dans le nord du Mali, où la situation en particulier à Tombouctou est « source de grande inquiétude » a indiqué une porte-parole de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton.

En revanche, outre une suspension de son aide au développement prise au lendemain de la prise du pouvoir par des soldats à Bamako, l’Union européenne n’envisage pas d’emboîter le pas aux États-Unis, à l’Union africaine ou à la Cédéao en prenant des mesures ciblées contre la junte, a reconnu Maja Kocijancic.

L’UE soutient « tous les efforts en vue d’une restauration de l’ordre constitutionnel au Mali », s’est-elle limitée à répondre à une question en ce sens.

L’Union encourage également « tous les partis politiques à s’entendre sur une feuille de route pour la transition » et appelle les pays voisins et les autorités au Mali à autoriser un accès sans entraves aux travailleurs humanitaires dans le Nord du Mali, a-t-elle précisé.

Profitant du putsch militaire à Bamako contre le pouvoir du président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touaregs, des militants islamistes, sans oublier des supplétifs du régime libyen rentrés au pays lourdement armés après la chute de Kadhafi en août 2011, sont passés à la vitesse supérieure dans le Nord.

Prise dimanche par des rebelles touareg et des mouvements islamistes, la cité historique de Tombouctou est tombée lundi sous le contrôle des islamistes armés d’Ansar Dine (défenseurs de l’islam) avec le soutien d’éléments d’Aqmi, selon des témoins.

Mardi, trois des principaux chefs d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont été signalés à Tombouctou, tandis que les putschistes de Bamako, au ban de toute l’Afrique de l’Ouest, cherchaient une sortie honorable en annonçant notamment la tenue à partir de jeudi d’une « convention nationale » sur l’avenir du Mali à laquelle ils ont convié tous les partis politiques et la société civile.

La junte affirme par ailleurs que les rebelles touareg et groupes armés islamistes qui contrôlent depuis samedi la ville de Gao, dans le nord du paysi, y ont perpétré des « graves violations des droits de l’homme », en particulier des cas de viols.

« Les populations du Nord-Mali, singulièrement celles de Gao, subissent de graves violations des droits de l’Homme », affirme la junte dans un communiqué, selon lequel des « femmes et filles y sont enlevées et violées par des hommes armés ».

Le texte ne fournit aucun autre détail, notamment sur l’ampleur de ces viols.

La junte dénonce également « la restriction de la liberté d’aller et venir déniée aux populations dans les localités de Kidal », ville conquise le 30 mars, « et Gao où les éléments MNLA, Ansar Dine et Aqmi bloquent tout mouvement des moyens de transport, fussent-ils civils ».

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) « en appelle aux organisations et organismes internationaux, singulièrement l’ONU et la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour une conjugaison des efforts en vue de condamner ces crimes et leurs auteurs ».

« Dans tous les cas, ces graves violations des droits de l’homme interpellent la conscience collective », conclut le communiqué.

13:44 – 04/04/12

BRUXELLES (AFP)