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Le Guide de la Révolution libyenne honore ainsi une promesse faite lors de son passage à Tombouctou, à l’occasion du Maouloud.

Long de 19 kilomètres, le canal n’est pas qu’historique pour Tombouctou, il est dans un futur proche appelé à combattre la menace écologique qui plane sur la Cité mystérieuse.

Ainsi, des travaux d’aménagement des berges sont prévus. Coût total de l’ensemble des travaux (creusement du canal et aménagement des berges) : 14 millions de dollars US soit 8,7 milliards de F Cfa.

Par ailleurs, la Libye programme la construction d’une dizaine d’écoles reparties dans les trois régions du Nord (Gao, Tombouctou et Kidal). Ce programme d’infrastructures scolaires s’étend jusqu’à Mopti, précisément dans le cercle de Douentza.

Ici et là, ce sont des établissements scolaires modernes qui n’ont rien à envier à ceux des autres localités qui pousseront dans le désert. Ces écoles dotées de salles de classes, d’infirmerie et salles polyvalentes pour l’apprentissage des jeunes (filles/garçons) sont surtout destinées à sédentariser les populations en octroyant aux enfants un avenir.

La première école a été inaugurée la semaine dernière à Kabara. D’autres suivront dans les semaines à venir. Un pactole de plus d’un milliard a été décaissé par Tripoli dans le cadre de ce programme.

Autre volet de cet investissement, c’est celui de l’hydraulique et de l’approvisionnement en eau des populations du Nord. La Libye, dans un programme initial géré dans le cadre de Consulat à Kidal, avait prévu le creusement de 50 puits à grands diamètres dans les trois régions du Nord.

Seul un puits avait été réalisé à Kidal, avant les événements du 23 mai à Kidal, suivis de la fermeture du Consulat. Aujourd’hui, des sources diplomatiques libyennes à Bamako indiquent que le volet hydraulique va se poursuivre dans les autres régions, notamment à Tombouctou et à Gao.
Seulement, il va falloir attendre le retour définitif de la paix à Kidal pour y poursuivre les forages.

Continuation de la coopération

Si ces mêmes événements de Kidal avaient mis un coup d’arrêt à diverses actions de développement initiées par la Libye au Nord, aujourd’hui Tripoli entend accentuer sa coopération en direction du Mali.

La cérémonie de Tombouctou, le week-end, a ainsi été mise à profit par les Libyens pour marquer leur présence auprès des laborieuses populations du Nord, celles-là qui aspirent à la paix et au travail.

A ces populations, la Grande Jamahirya Libyenne vient en effet d’offrir un important don constitué de divers matériels. Il s’agit entre autres d’une vingtaine de tracteurs équipés de charrues fabriqués en Libye.

Déjà, des techniciens libyens ont formé des jeunes de Tombouctou à l’utilisation et à la réparation de ces engins qui seront repartis entre les populations des trois régions du Nord. Plusieurs autres matériels agricoles accompagnent ces tracteurs : motopompes, brouettes, outils de ramassage…

Les femmes sont les grands bénéficiaires de ces dons. Elles ont en effet reçu un important lot de matériels de couture, notamment 600 machines à coudre, des tissus pour femmes et hommes. Le tout est accompagné par des pièces de rechange. Au bout du compte, ce sont plus de 620 familles qui auront des activités à travers les associations féminines et les jeunes filles en quête d’emploi.

Par ailleurs, d’autres projets sont soit en phase d’études ou programmés. Ils concernent la construction de Centres de santé dans les zones reculées de Kidal, Gao et de Tombouctou.

Pour ce qui est de Kidal, le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, a insisté auprès de la partie libyenne pour que les projets prévus dans le cadre du Consulat soient maintenus dans cette région. Histoire sans doute de ne pas pénaliser les populations de cette région, malgré les actions de déstabilisation d’un groupe.


Instruction du Guide

Cependant, pour travailler dans la quiétude et investir en toute tranquillité, les Libyens ont souhaité certaines mesures qui devront être prises soit au niveau local ou à un niveau plus élevé.

Il s’agit entre autres de la délivrance d’exonérations douanières et fiscales pour les engins, les équipements et le carburant en faveur des sociétés libyennes et celles contractuelles opérant dans les divers programmes d’investissement, dont le canal de Kabara.

La partie libyenne a aussi souhaité la mise en place d’un organisme dans chacune des trois régions en vue de faciliter l’exécution des travaux et les démarches administratives.

A Kabara, il s’agit également de prendre dès à présent des mesures afin d’éviter des conflits entre les travailleurs chargés de l’exécution du canal et les populations riveraines.

Pour l’exécution des forages, un retard est constaté. En effet, les autorités locales n’ont pas fait preuve de diligence dans la localisation des sites devant accueillir ces forages. De même pour le lancement des travaux des écoles et des centres de santé.

Une situation qui s’explique à la fois par la lenteur qui caractérise l’administration malienne et les hésitations de certains responsables locaux à faire le choix entre les localités bénéficiaires.

Ces lenteurs et les regrettables incidents de Kidal sont loin de décourager les Libyens. Au contraire. Le pays du frère guide entend renforcer sa coopération partout au Mali.

Pour cela, d’importants moyens matériels et humains ont été mobilisés sur instruction du Colonel Kadhafi, indique-t-on de sources diplomatiques libyennes à Bamako.

Alors aux actes !


C.H Sylla

16 août 2006.