Partager

BAMAKO (AFP) – (AFP) – L’armée malienne attaquait samedi les “dernières poches de résistance” des islamistes à Konna après avoir mené la veille une contre-attaque réussie avec l’aide d’alliés français pour reconquérir cette ville du centre du Mali et enrayer l’offensive des jihadistes venus du Nord, a-t-on appris de source militaire.

jpg_une-1325.jpgLe ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a indiqué samedi que les combats ont fait des morts et fait état de frappes aériennes « cette nuit et ce matin ».

Un soldat français a été mortellement blessé lors d’un raid hélicoptère « contre une colonne terroriste », a-t-il ajouté.

« Les militaires maliens sont en train de nettoyer les dernières poches de résistance des islamistes à Konna », a déclaré la source militaire malienne à l’AFP, au lendemain de la contre-offensive franco-malienne.

La ville, située à plus de 700 km de Bamako, était tombée jeudi aux mains des jihadistes qui contrôlent depuis plus de neuf mois le nord du Mali et voulaient progresser vers le Sud sous contrôle gouvernemental.

« Les hélicoptères ont frappé les véhicules des jihadistes qui se sont dispersés dans la nature. L’armée nettoie la ville », a ajouté la même source militaire.

Un membre de l’état-major de l’armée à Mopti, la plus grande ville de la région, avait auparavant déclaré à l’AFP : « Nous contrôlons la situation. Aujourdhui, ça va être décisif ».jpg_une-1326.jpg

Un habitant de Konna parti pour Sévaré – à 70 km plus au sud et où ont été aéroportés des éléments militaires français jeudi – a indiqué que la ville n’avait pas été entièrement reprise: « beaucoup de maisons ont été touchées par des balles. L’armée malienne occupe une partie de la ville, mais les islamistes sont encore au sud de Konna ».

Le Nord du Mali est depuis avril 2012 un sanctuaire pour les groupes islamistes armés dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi),

Ansar Dine et le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest).

Dans la capitale Bamako, la nuit a été calme et certains habitants ont mis le drapeau français sur leur voiture pour approuver l’intervention militaire, annoncée vendredi à Paris par le président François Hollande.

M. Hollande a confirmé l’engagement militaire français, en soulignant que « le Mali fait face à une agression d’éléments terroristes venant du Nord dont le monde entier sait la brutalité et le fanatisme ». Il a expliqué avoir répondu à la demande d’aide du président malien, appuyée par les pays africains de l’Ouest.

Les Etats-Unis envisagent d’aider la France grâce à un appui « logistique », du ravitaillement en vol et des drones de surveillance, a déclaré un haut-responsable américain qui a requis l’anonymat.

jpg_une-1329.jpgLe porte-parole du Conseil national de sécurité, Tommy Vietor, a pour sa part déclaré à l’AFP: « nous partageons l’objectif de la France de retirer aux terroristes leur sanctuaire dans la région ».

Dans une lettre au Conseil de sécurité de l’ONU, Paris a demandé vendredi soir qu’on « accélère la mise en oeuvre de la résolution 2085 » qui autorise notamment le déploiement de la Force internationale de soutien au Mali (Misma).

Depuis plusieurs mois, l’Afrique de l’Ouest a proposé l’envoi, avec l’aval de l’ONU, d’une force armée africaine de plus de 3.330 hommes, que des pays européens, dont la France, l’ancienne puissance coloniale, ont promis d’aider logistiquement, pour la reconquête du Nord du Mali.

Le déploiement de cette force a été approuvé le 20 décembre par le Conseil de sécurité, mais par étapes.

Le Nigeria bientôt en pointe

Le Nigeria, pays clé de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), a indiqué samedi matin ne pas encore avoir envoyé de troupes au Mali, mais la présidence a précisé avoir déjà dépêché une équipe technique de l’armée de l’air, ainsi que le futur commandant de la force africaine, qui sera nigérian.

Dakar a aussi démenti des informations maliennes sur l’envoi de militaires sénégalais à ce stade.

Le gouvernement malien a décrété vendredi l’état d’urgence.

« On nous impose la guerre », le Mali portera « une riposte cinglante et massive » à ses « ennemis », a promis vendredi soir dans un message à la Nation le président par intérim Dioncounda Traoré.

Dans la soirée, les pays d’Afrique de l’Ouest ont officiellement autorisé l’envoi immédiat de troupes.jpg_une-1328.jpg

Le président en exercice de la Cédéao, le président ivoirien Alassane Ouattara, a « décidé d’autoriser l’envoi immédiat des troupes sur le terrain dans le cadre de la MISMA (Force internationale de soutien au Mali) ».

Depuis plusieurs mois, des éléments des forces spéciales françaises et des hélicoptères sont positionnés au Burkina Faso voisin.

Le nord du Mali est depuis début 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes, devenant un sanctuaire pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Alors que la situation militaire était gelée, les combats avaient repris cette semaine, quelque 1.200 combattants islamistes s’emparant jeudi de Konna et menaçant de continuer leur offensive vers le Sud.

Le président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’Etat béninois Thomas Boni Yayi, s’est félicité de la décision de la France –« je suis aux anges », a-t-il dit–, et a exprimé sa « gratitude » à la France.

© AFP – Le 12/01/2013 – 13:11

– – –

Un pilote français tué au Mali (Défense)

Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, a affirmé aujourd’hui qu’un pilote français a été tué hier au Mali lors d’un raid des forces françaises. Le lieutenant Damien Boiteux du 4e régiment d’hélicoptères de combat (RHC) de Pau a été dans un premier temps blessé après un tir d’arme légère. Hospitalisé à Mopti, il a succombé à ses blessures.

Le président de la République François Hollande a fait part dans un comuniqué de « sa vive émotion » et adressé à sa famille et à ses proches « ses sincères condoléances ». « Son action a contribué à arrêter l’avancée des forces terrestres vers Mopti et restera dans nos mémoires », a-t-il dit.

Le ministre a par ailleurs précisé que d’autres frappes ont eu lieu cette nuit au Mali. Des unités françaises sont par ailleurs déployées à Bamako depuis hier soir pour protéger les ressortissants français.

Un conseil de Défense se tiendra aujourd’hui à 15h, sur convocation de François Hollande. Jean-Yves Le Drian a précisé que les opérations au Mali et en Somalie sont déconnectées.

L’opération française a été baptisée « Serval », du nom d’un petit félin du désert, a indiqué l’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des Armées. Il a précisé qu’il y avait un commandement au « niveau tactique », basé au Mali, et un commandement « stratégique, à Paris, aux côtés du ministre de la Défense et du président de la République ».

Le Figaro.fr Mis à jour le 12/01/2013 à 14:15 | publié le 12/01/2013 à 11:35