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Le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR), un regroupement de groupes d’auto-défense, présents à Ouagadougou dans les cadre des pourparlers inter-maliens, ont déclaré jeudi qu’ils rejettent tout accord non inclusif sur la crise sécuritaire malienne, a-t-on appris vendredi.

Le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibril Bassolé, qui a regagné jeudi Ouagadougou, après une visite de 24 heures à Bamako pour consulter les plus hautes autorités du Mali, va recevoir vendredi matin les responsables du MAA, puis ceux de la CMFPR, indique une source.

La même source ajoute que l’émissaire malien, Tiébilé Dramé, conseiller spécial du président malien, chargé de négocier avec les groupes armés, a également regagné jeudi en début de soirée la capitale burkinabé, après les discussions entamés mercredi à Bamako.

Dans une déclaration conjointe, signée respectivement par Ahmed Ould Sidi Mohamed du MAA et Me Harouna Toureh de la CMFPR, ceux-ci ont réaffirmé leur attachement à l’intégrité, à l’unité nationale et aux valeurs républicaines.
Le MAA et la CMFPR « s’engagent à conjuguer leurs efforts et leurs moyens (humains, matériels et financiers) pour la défense des intérêts de leurs communautés respectives » et « décident de recourir à toutes formes d’action permettant de rétablir la justice et l’équité entre toutes les composantes des communautés du Nord du Mali« .

Ceux-ci d’ajouter qu’ils « restent disposés à apporter » leur contribution à toutes initiatives tendant à la préservation de la paix et de la sécurité au Mali, notamment dans les régions du nord.

Ainsi, affirment-ils, « Nous décidons de la mise en place d’une commission paritaire chargée d’élaborer un plan stratégique pour l’atteinte de notre objectif« .

Outre cette déclaration conjointe, quelques heures plus tôt, les responsables de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR) étaient face à la presse pour apporter quelques clarifications.

En cas de signature d’un accord non inclusif, « Nous n’allons pas reconnaître une quelconque décision venant d’une autorité malienne qu’elle soit militaire, judiciaire ou administrative« , ont-ils dit.

En clair, explique Me Toureh, « Nous allons inviter nos populations à toute forme de désobéissance« .

Réagissant aux propos de ceux qui les traitent de « milices pro-gouvernementales », Me Toureh et les autres responsables des groupes d’auto-défense, ont indiqué qu’ils « ne défendent pas le gouvernement malien, mais la république du Mali« .

Pour rappel, le lundi dernier, le président du Burkina Faso Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a remis à l’émissaire malien, Tiébilé Dramé, conseiller spécial du président malien, chargé de négocier avec les groupes armés, le projet d’accord attendu entre le gouvernement malien et les groupes rebelles touareg que sont le Mouvement national de libération nationale de l’Azawad (MNLA) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCA).

Parmi les contestations formulées par le MAA et la CMFPR à l’encontre de ce projet de texte, on note : « l’Amnistie générale demandée par le MNLA et le HCA dont plusieurs responsables sont visés par des mandats d’arrêts internationaux« . Sur ce point, « il n’est pas question qu’il y ait d’impunité« , précisent le MAA et la CMFPR, qui ne sont pas prévus par le médiateur pour être signataires de l’accord attendu.

Ceux-ci « n’approuvent pas la présence des éléments du MNLA dans la mise en place d’une commission mixte de sécurité, comme prévue dans le projet de texte de l’accord » et « condamnent le terme ‘Azawad’ comme désignation des régions du nord du Mali« . F

Source: Agence de presse Xinhua | Mis à jour le 14-06-2013