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Lors d’une conférence de presse animée par Pérignama Sylla, Mohamed Tabouré et Me Mariam Diawara, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22) ont indiqué que ses responsables sont victimes d’une persécution politique, malgré un retour à l’ordre constitutionnel.

jpg_une-2814.jpgLe MP22 qui a pris fait et cause pour le coup d’Etat du 22 mars 2012 persiste et signe : «Les soldats et sous-officiers… dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo ont réagi à la destruction de l’armée malienne et à la scission du nord par la rébellion», insiste-t-il. «En cela, ils ont reçu le soutien de l’immense majorité du peuple et des forces patriotiques civiles qui étaient déjà en effervescence» contre le régime d’Amadou Toumani Touré, a souligné les responsables du mouvement dans une déclaration à la presse, le 15 mai 2014.

La période transitoire a été l’occasion d’un bras de fer entre ces réformateurs et les organisations anti-putsch au rang desquels le Front uni pour la démocratie et la République (FDR). Ce dernier regroupement avait la faveur de la communauté internationale. L’élection présidentielle d’août 2013 suivie des législatives de décembre ont mis un terme à cette parenthèse du coup d’Etat. Cependant, le mouvement pro-putsch estime que ses adversaires «se sont faufilés au pouvoir» à la faveur de ces scrutins pour se fixer comme mission «d’exécuter l’ordre de la France d’abattre» ses leaders.

A titre d’illustration, la déclaration lue par Mohamed Tabouré, porte-parole du mouvement, fait valoir des «convocations [judiciaires, ndlr] et filatures scélérates» concernant Oumar Mariko, figure de proue du MP22, par ailleurs député à l’Assemblée nationale. «Ne touchez pas à un seul cheveu d’Oumar Mariko», met en garde le MP22, qui ne se prive point de critique contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta. A en croire Mohamed Tabouré, le pouvoir d’IBK se ficherait de notre armée et de nos services de sécurité. La preuve : «le sous équipement de ces services n’a pas empêché les autorités de s’offrir un nouvel avion présidentiel pour leur confort personnel».

Si le MP22 se dit hostile à cette initiative du gouvernement, il n’en demeure pas moins qu’il s’oppose à la critique faite à ce sujet par le Fonds monétaire international (Fmi), jugeant sa remarque d’«ingérences intolérables dans les affaires intérieures du Mali».

Outre Oumar Mariko, «la persécution d’IBK frappe encore plus cyniquement aujourd’hui les soldats, sous-officiers et officiers patriotes de l’armée malienne», a indiqué le MP22. Il s’agit, entre autres, des généraux Amadou Haya Sanogo, Yamoussa Camara, Ibrahim Dahirou Dembélé, du sous-officier Seyba Diarra et du sergent de police, Siméon Keïta qui sont en détention depuis des mois dans le cadre d’une affaire d’assassinat de bérets rouges. Siméon Keïta qui est le seul à rester en détention à Bamako est, selon le MP22, «enfermé avec les pires jihadistes» du nord du Mali. Les autres qui ont été transférés à Sélingué, Markala, Manantali, Kadiolo seraient également dans de «pires conditions carcérales».

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 16 Mai 2014