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Cela ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Au Mali, Il y a malaise au sein des représentants de la communauté Touaregue.

Après la démission de son fils du Mnla (Mouvement national pour la libération de l’Azawad), le chef coutumier de l’Adrar des Ifoghas, l’amenokal (le chef coutumier) Intalla Ag Attaher, a, à son tour rendu le tablier le week-end dernier. Il a décidé de quitter le mouvement rebelle, pour rejoindre le Haut conseil de l’Azawad (Hca), créé par Mohamed, son fils, dissident du Mnla. Cette défection du patriarche se justifie, dans son entourage, par le fait qu’il « trouve que le Mnla ne cherche pas le rassemblement.» Et «estime que le Hca peut regrouper toutes les communautés.»

Seulement, le départ de l’amenokal représente un coup dur pour le Mnla. Cela aura un impact négatif sur la légitimité du mouvement rebelle, qui se réclame défenseur de la cause touareg. En tant que chef coutumier, Intalla Ag Attaher est une autorité traditionnelle et morale, assez représentative des ressortissants de l’Adrar des Ifoghas. Du coup, son départ peut avoir comme conséquence une certaine perte de représentativité et de légitimé du Mnla, aux yeux d’une partie de la communauté touarègue. Surtout que des dissensions existantes avaient déjà poussé son fils à quitter le Mouvement. De l’autre coté, c’est le Hca qui bénéficie d’un regain de légitimé.

On se demande désormais quelle pourrait être l’impact de la défection de l’amenokal de l’Adrar des Ifoghas sur le dialogue entre le Mnla et le gouvernement malien.

Il y a quelques jours, en fait, le Président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a annoncé la nomination de Tiébilé Dramé comme « conseiller spécial chargé des négociations avec les Mnla.» Mais le Mnla peut-il, à lui seul, parler désormais au nom de tous les Touaregs ? Les réalités du terrain changent avec l’entrée en jeu de nouveaux acteurs qui auront leur mot à dire. Ce qui est tout de même évident, c’est que cette dissidence au sein du Mnla est comme un couteau à double tranchant qui peut servir ou desservir la résolution de la question touarègue. Tout dépend de la manière dont les autorités de Bamako s’y prendront.

Lundi 20 mai 2013 22:28

Écrit par Léonce Gama

Source: lanouvelletribune.info