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Fortement  critiqué par les populations à cause des délestages, le ministre de l’Energie et de l’eau, Lamine Traoré a animé une conférence de presse hier jeudi au cours de laquelle il a indiqué que les coupures intempestives  d’électricité sont dues à la réduction de la fourniture des Mégas en provenance de la Côte d’ivoire et  les fortes chaleurs ayant  entrainées des pannes dans les installations de l’EDM S.A. 

 maliweb.net – C’est un ministre des mines, de l’énergie et de l’eau visiblement touché par les attentes de  nombreux consommateurs  en cette période de pointe qui s’est présenté devant la presse. «  Les fortes chaleurs ont engendré de nombreuses pannes dans nos installations déjà vétustes », introduit  le ministre, qui explique  que  l’EDM a besoin de 400 mégawatts en cette période de pointe pour pouvoir répondre aux attentes de ses clients. Mais, l’énergie du Mali ne produit malheureusement que 300 mégawatts, et c’est ce qui expliquerait, selon lui, en partie l’incapacité de la société à fournir de l’électricité à tous et au même moment.

Autre difficulté,  le nombre de mégawatt que le Mali importe de la Côte d’Ivoire est également en deçà de promesses contractuelles. « Les autorités ivoiriennes ont réduit les 100 mégawatt qu’elles fournissaient à notre pays »,  déplore le ministre Lamine Traoré. Lequel ampute également  l’incapacité du Mali à atteindre les 400 mégawatt afin de répondre au besoin des consommateurs par le manque de d’investissements dans le secteur de l’énergie. « La société d’électricité n’a pas reçu d’investissement conséquent depuis 30 ans. Donc, on peut pas résoudre un tel problème en six mois »,  se défend le ministre de l’énergie, qui  informe que la dette de l’EDM s’élève  près de 400 milliards. Et le conférencier d’implorer l’indulgence des consommateurs, «  Nous sommes conscients des attentes des Maliens. Mais nous implorons leur indulgence avant de parvenir à un accès convenable à l’électricité »

Pour sortir la société de cet éternel délestage, le ministre a annoncé un plan d’investissement ambitieux qui s’élève à 2 300 milliards FCFA afin de résoudre le problème. A défaut  de pouvoir mobiliser toutes ces ressources,  il a  indiqué que le gouvernement a recourt aux prestataires privés qui produisent de l’énergie, puis la vend  à l’EDM S.A. L’objectif, a-t-il poursuivi, est de mobiliser dans l’urgence 1 400 milliards FCFA d’investissement pour le secteur de l’électricité.

Au-delà de recourir aux opérateurs privés, le ministre de l’énergie a annoncé quelques efforts que le gouvernement est entrain de déployer pour réaliser des ouvrages d’électricité afin de combler le besoin. Il s’agit  du développement de l’énergie solaire avec la construction d’un parc solaire de 100 mégawatt à Sirakoro, de 56 mégawatt  hydroélectrique à Koulikoro. «  Nous sommes entrain de mobiliser des ressources de construire 3 nouveaux barrages sur le fleuve Niger »,  annonce le ministre de l’énergie, qui  explique que les pourparlers sont en cours avec l’ONVS pour accélérer les travaux du barrage de Gouina.

Et la réalisation de tous les ouvrages n’est pas prévue pour aujourd’hui. De quoi indiquer que les consommateurs  maliens de l’électricité doivent prendre leur mal en patience  jusqu’au terme des travaux. « Il y aura moins de coupure l’année prochaine que cette année », promet le ministre de l’énergie qui estime que la réception de nombreux ouvrages d’électricité permettra d’augmenter le nombre de mégawatt et de réduire la dépendance  du Mali à ses voisins en matière de fourniture de l’énergie.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net