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Le 18 juin dernier le gouvernement malien a signé un « accord préliminaire» avec des groupes armés occupant Kidal depuis l’opération Serval, dans le but, nous assure-t-on, de faciliter l’élection présidentielle du 28 juillet. Les concertations pour l’exécution de cet accord sont en cours…

L’accord préliminaire de Ouagadougou « est un document qui offre de la flexibilité à l’armée pour se déployer à Kidal » assure le ministère de la défense et des anciens combattants, par la voix de son conseiller technique chargé des opérations, le colonel Abdrahamane Baby, l’un des trois experts militaires à avoir pris part au processus de négociation au burkina. Le département a réaffirmé son adhésion au document qui, selon lui, « préserve les intérêts supérieurs du Mali ». A présent, souligne le colonel, « il est important que chacune des parties signataire respecte les termes de l’accord ».

Revenons un peu sur cet accord…

Pour en avoir une idée bien précise, il est intéressant de voir la comparaison entre la version fuitée le 13 juin de l’accord discuté à Ouagadougou et la version signée le 18 juin, document mis à disposition par Joseph Brunet-Jailly, économiste et enseignant à PSIA.

La convention autorise le déploiement de l’armée dans la région de Kidal « dès le lendemain » de sa signature et dit que ce déploiement doit être précédé par un processus de cantonnement des groupes armés qui occupent cette ville.

Chose encore jamais vue dans ce bas monde : les hommes qui ont pris les armes contre la Nation, qui se sont associés aux djihadistes pour commettre les meurtres d’Agueloc (mise à mort massive d’une centaine de nos compatriotes sans défense) ne seront pas désarmés mais « cantonnés » avec leurs « armes » dans des lieux de « leur choix ».

Si nous n’étions pas étouffés par la honte, nous pourrions en rire tellement la situation est grotesque et inique ! Mais il s’agit là d’une bien triste réalité : des jeunes et valides Maliens ont perdu la vie pour la Patrie et le peuple est bel et bien humilié par une poignée d’apatrides qui essayent de lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

Selon les analyses des journalistes, c’est la gendarmerie qui sera initialement déployée à Kidal. Il faut également savoir que les groupes armés interdisent l’entrée de la localité, occupée avec la bénédiction des français, à nos officiers supérieurs que sont les colonels-majors Didier Dakouo et Elhadji Ag Gamou. De quel droit ? De celui que leur confèrent ceux qui parlent au nom du Mali, près à céder aux revendications les plus ahurissantes.

Le bataillon Waraba, première compagnie à être formée par l’union européenne et qui s’est récemment illustrée par une sortie ratée, a rallié le nord samedi denier. Reste à savoir, où est-ce que ces militaires seront déployés. Et surtout, si les français, à travers leurs frères du Mnla, acceptent qu’ils entrent à Kidal, voire qu’ils s’en approchent… Là est la question !

Le vin est tiré. À présent, c’est aux Maliens de savoir s’ils veulent le boire ou pas. Ce qui est sûr, c’est que la solution à ce qui se dessine, est entre leurs mains.

Anwka Ikallen

24 juin 2013

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