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La traque des jihadistes au nord du Mali se poursuit. Mais si sur le terrain militaire les activités ne fléchissent pas, à Bamako, en revanche, les actions politiques semblent moins visibles. Qu’en est-il de la feuille de route, du dialogue inter-malien et de la préparation des futures élections générales ? En un mot, que fait le gouvernement ?

jpg_une-1573.jpgLa semaine dernière, le Premier ministre Diango Cissoko annonçait que la Commission du dialogue serait mise en place avant la fin du mois. Il ne reste donc plus que trois jours. Pour l’instant, on ne sait pas précisément qui y participera. Les représentants des différentes communautés du Nord ne sont pas identifiés. On ne sait pas non plus si des membres du MNLA y seront conviés, si des conditions seront posées à la rébellion touarègue pour intégrer le dialogue.

Autre question, le gouvernement a-t-il défini clairement les objectifs de ce dialogue ? Pour certains observateurs, Bamako n’est pas sorti de son état d’apesanteur. Pourtant, la donne a changé depuis ces deux derniers mois. L’arrivée d’un nouveau Premier ministre, fin connaisseur de l’Etat, et l’intervention militaire française ont contribué à stabiliser les institutions même si les putschistes de Kati conservent toujours un pouvoir de nuisance.

Pourquoi l’attelage de l’exécutif qui fonctionne bien aujourd’hui peine à agir plus rapidement ? Le dossier le plus avancé est celui des élections générales envisagées pour juillet prochain. Le fichier électoral pourrait être opérationnel à cette date et des cartes d’électeurs biométriques sont testées en ce moment. Cette urgence manifestée par Bamako pour organiser ces élections au plus vite pourrait être une manière de s’exempter de la difficile négociation qui s’annonce pour résoudre la crise au nord.

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A Bamako, politiques et société civile lancent une «initiative pour la paix et l’unité nationale»

Au Mali, près de cent partis politiques et associations ont lancé lundi à Bamako une « Initiative pour la paix et l’unité nationale », appelant notamment à des élections libres et au respect des droits de l’homme.

« Le monde entier est en train d’aider le Mali, or les Maliens n’arrivent pas à parler d’une seule voix ». En lançant cette phrase devant les signataires de l’Initiative pour la paix et l’unité nationale, maître Mountaga Tall, président du Congrès national d’initiative démocratique (CNID-parti politique malien), a voulu secouer le cocotier.

La crise est malienne avant tout. Et pour en sortir, il faut que les Maliens retroussent leurs manches. C’est pourquoi l’importante frange des forces vives de la nation propose, à côté de la poursuite des opérations militaires sur le terrain, d’organiser dans les meilleurs délais des élections libres et transparentes.

Les différents scrutins doivent avoir lieu sur tout le territoire national avec la participation des populations de déplacées réfugiées. En plus du soutien au gouvernement malien de transition et au respect de la forme laïque de l’Etat, les initiateurs de l’Initiative pour la paix insistent sur la consolidation d’un Etat de droit. La justice doit fonctionner de manière indépendante. Ils appellent également à ce que toutes les parties impliquées dans la guerre au nord respectent sur le terrain les droits humains.

RFI, le 26 Février 2013