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Ce lundi 1er juillet 2013, le mandat de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) est arrivé à son terme. Ses six milles hommes sont désormais mis à la disposition de la Mission intégré de stabilisation du Mali (Minusma). Le transfert d’autorité entre les responsables des deux organisations a eu lieu au Centre internationale des conférences de Bamako (Cicb) et la nouvelle structure doit mobiliser douze milles six cents (12 600) forces militaires et de sécurité sur le sol malien d’ici la fin de l’année.

jpg_une-1896.jpgAlors que la situation sécuritaire se normalise dans les régions de Gao et de Tombouctou, jadis occupées par des groupes armés terroristes, les responsables de la Minusma ne veulent pas se faire d’illusion sur ses missions qui, selon le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, demeurent de grands défis. Elles se résument, entre autres, à la stabilisation de la situation sécuritaire dans le nord, la protection des populations civiles, l’appui au processus politique et le redémarrage du processus de développement du pays. «Nous ne sommes pas là pour imposer quoi que ce soit», temporise Bert Gérard Koenders, chef de la Minusma.

Après six mois de présence, les soldats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cédéao) et du Tchad sont ainsi devenus des Casques Bleus. Certains de ces pays ont annoncé leur volonté de revoir à la hausse leurs effectifs déployés au Mali alors que de nouveaux pays notamment européens et asiatiques complèteront ces forces armées et de sécurité à 12 600 avant janvier 2014. Le général nigérian commandant des forces de la Misma a passé le témoin à son homologue rwandais de la Minusma. Il en est de même pour les responsables politiques des deux organisations, Pierre Buyoya et Bert Koenders. «Le Mandat de la Minusma est plus large», a indiqué Koenders.

Misma : 43 morts

Dans un bilan partiel de l’opération international sous conduite africaine, Pierre Buyoya a souligné que les pays contributeurs aux forces de la Misma ont consentis des efforts considérables par le déploiement de leurs troupes à travers des fonds propres. Et le résultat, juge-t-il, a été à la hauteur des attentes : des troupes de la Misma ont été déployées dans plusieurs localités des régions de Mopti, Gao, Tombouctou, Kidal, ainsi que Diabali, Niono, Banamba, etc., dans la région de Ségou et de Koulikoro. jpg_une-1894.jpg

L’opération s’est également soldée par un lourd tribut humain. Selon Pierre Buyoya, 42 soldats de la Misma dont 35 tchadiens ont trouvé la mort à l’issue de la guerre au Mali. Le quarante-troisième décès fut le commandant adjoint de la Misma, le général nigérien Yaya Seyni Garba.

Il faut dire que l’avancée sécuritaire sur le terrain a permis aux observateurs des droits de l’homme d’effectuer des missions dans les zones de combats, à l’exception de la ville de Kidal encore sous contrôle des rebelles du MNLA. Le chef de la Minusma, en visite dans cette ville le 28 juin, a souligné qu’«il convient à présent d’appliquer les termes de l’accord» signé le 18 juin à Ouagadougou.

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Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 1er Juillet 2013

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De la MISMA à la MINUSMA : Les forces internationales de soutien au Mali échangent les bérets aujourd’hui

C’est ce lundi 1er juillet qu’a lieu au Centre international de conférence de Bamako, une cérémonie de transfert d’autorité entre les forces de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Au cours de cette cérémonie, les unités militaires et de police de la MISMA échangeront leur béret actuel pour porter le béret bleu des Nations unies. Des responsables du gouvernement de transition du Mali et les représentants de la communauté internationale seront témoins de cet échange de béret. Un communiqué de la Misma cite parmi les invités : le Représentant spécial de l’Union africaine au Mali et chef de la MISMA, M. Pierre Buyoya, le Président de la Commission de la Communauté Economique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), M. Kadré Désiré Ouédraogo, le Commissaire de l’Union africaine à la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la MINUSMA, M. Bert Koenders ainsi que le Secrétaire général adjoint chargé des opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous. Un haut représentant du gouvernement malien de transition participera également à l’événement, indique le communiqué de la Minusma.

Mission de paix et de sécurité

Les 6.000 soldats africains présents au Mali dans le cadre de la Misma vont intégrer la nouvelle force de paix de l’ONU, la Minusma à partir de lundi. Celle-ci aura pour mission d’assurer la sécurité et la stabilité du Mali après avoir traversé en 2012 la plus grave crise de son histoire.

Commandée par le général rwandais Jean-Bosco Kazura, la Minusma sera composée d’ici fin décembre de quelque 12.600 hommes (militaires et policiers) et devra assurer la sécurité du Mali, en particulier le nord, soit les deux-tiers du pays qui a étaient sous occupation en 2012 avant l’intervention française.
A la faveur d’un coup d’Etat militaire à Bamako le 22 mars 2012, cette région et ses principales villes, Gao, Tombouctou et Kidal, ont été occupées les mois suivants par des groupes jihadistes et criminels liés à Al-Qaïda qui y ont commis de nombreuses exactions. Ils en seront chassés par l’intervention de l’armée française qui a débuté le 11 janvier et se poursuit aujourd’hui en appui au forces ouest-africaines et tchadiennes de la Misma.

La Minusma pourra encore compter pendant un temps sur les 3.200 soldats français toujours présents au Mali – au plus fort de l’intervention française ils étaient 4.500 – qui, selon Paris, vont progressivement diminuer pour n’être plus qu’un millier à la fin de l’année.

Intenses activités préparatoires

Le Vendredi 28 juin 2013, le Représentant spécial du Secrétaire général (RSSG) et chef de la MINUSMA, Bert Koenders, s’est rendu à Kidal, en compagnie du Haut Représentant de l’Union africaine et chef de la MISMA, M. Pierre Buyoya, dans le cadre d’une rencontre avec l’amenokal de Kidal (le chef traditionnel) Intalla Ag Attaher, des représentants du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) ainsi que des membres de la société civile.

Au cours de ces discussions, le RSSG a tenu à rappeler l’importance de l’accord préliminaire de paix signé récemment à Ouagadougou. « C’est la première fois que la communauté internationale accompagne la supervision de la mise en œuvre d’un tel accord au Mali.

La réussite des dispositions prévues dans cet accord dépend de la volonté politique de l’ensemble de ses signataires »,a souligné M. Koenders. « Certains points peuvent représenter un défi à mettre en application. Néanmoins, je tiens à saluer votre courage et les efforts consentis jusqu’à présent. Il convient à présent d’appliquer les termes de l’accord », a-t-il indiqué.

S’adressant aux membres de la société civile, le Représentant spécial a ensuite annoncé l’arrivée imminente à Kidal de membres du personnel civil et militaire de la MINUSMA, dans un souci de restaurer la confiance entre les parties, et conformément au mandat de la mission. Cette semaine, le Conseil de Sécurité de l’ONU a donné son feu vert au déploiement de la MINUSMA au Mali, à compter du 1er juillet 2013.

B. Daou

Le Républicain du 01 Juillet 2013