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Voilà près de quatre mois qu’Ibrahim Boubacar Keïta est au pouvoir au Mali. Comment juger et évaluer ses premiers pas ? Le Cercle de réflexion et d’échange au Mali (Crem), association malienne non gouvernementale qui réunit cadres et intellectuels du pays, s’est penché sur la question, dimanche 29 décembre.

jpg_une-2465.jpgPour le Cercle de réflexion et d’échange au Mali, les premiers pas du président Ibrahim Boubacar Keïta vont plutôt dans la bonne direction. « A priori, tout ce qu’ils ont posé comme actes, aujourd’hui, sont des actes que j’ai fortement appréciés », reconnaît Issaka Tembely, président du Crem. Mais, insiste-t-il, « il faudra un suivi, un suivi correct des choses ».

Un suivi, par exemple, de la situation à Kidal, dans le nord du Mali, où les groupes rebelles n’ont toujours pas désarmé. Un suivi, également, des chantiers ouverts dans le sud du Mali, dans le domaine, notamment, de l’éducation et de l’accès aux soins de santé primaires.

Corruption et pouvoir d’achat

Mais le sujet qui fait débat, c’est la lutte contre la corruption. « A 100 % pour la lutte contre la corruption, mais il faudra revoir les grilles salariales au Mali. L’homme malien – même, en soi, le fonctionnaire malien – est sous-payé. Les salaires doivent nourrir la famille, mettre les enfants à l’école et subvenir à d’autres besoins, comme s’occuper des parents au village. Et pour tout cela, est-ce qu’un salaire mensuel du Malien normal peut suffire ? », s’interroge Issaka Tembely.

Par ailleurs, ce dernier a réagi, au micro de RFI, après la décision de la Cour suprême du Mali, sur instigation du gouvernement, de saisir l’Assemblée nationale pour engager une procédure judiciaire contre l’ancien président malien Amadou Toumani Touré pour « haute trahison » : « Une bonne chose pour le Mali, pour la population malienne qui veut en savoir plus. » Les défis sont nombreux, et l’état de grâce pour le président malien est quasiment terminé.

RFI, le 30 Décembre 2013