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La junte militaire qui a fomenté le coup d’État du 22 mars dernier n’est pas vraiment partie. Elle a fait semblant de jouer le jeu du « retour à l’ordre constitutionnel » alors qu’elle reste dans le jeu du pouvoir. Et ceux qui doutaient encore de la mauvaise foi de la bande au capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo l’ont appris à leurs dépens.

Dans la nuit du 16 au 17 avril, Modibo Sidibé, ancien Premier ministre, et Soumaïla Cissé, candidat à la prochaine élection présidentielle, ont été interpelés et déférés au camp militaire de Kati, qui servait de quartier général à la junte. Une arrestation sans autre forme de procès qui intervient comme un pavé dans la mare de sortie de crise.

Pire, cette vague d’arrestations qui s’est étendue à d’autres responsables de l’ancien régime est un véritable bébé que les militaires font dans le dos du président Blaise Compaoré, médiateur de la CEDEAO. Et pourtant, la junte militaire était bel et bien représentée aux concertations qui se sont tenues le week-end dernier à Ouagadougou et qui consacrent le retour du pouvoir aux mains des civils. Qu’est-ce qui explique ce brusque et brutal revirement de situation ?

Visiblement, le fameux « retour à l’ordre constitutionnel » apparaît finalement comme un faux départ, une comédie savamment orchestrée par le capitaine Amadou Haya Sanogo pour se soustraire aux sanctions de la CEDEAO. L’institution sous-régionale a donc intérêt à clarifier cette situation qui jette le doute sur l’ensemble du processus de sortie de crise. Il y va de la crédibilité même des accords signés.

BARK BIIGA

Fasozine

18 Avril 2012

Source : Le Faso .net