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Bamako (AFP) – Deux civils ont été grièvement blessés par balles dans des circonstances encore inconnues à Kidal, ville du nord-est du Mali où la situation est très tendue depuis l’arrivée de soldats maliens il y a cinq jours, a appris mardi l’AFP de source médicale.

jpg_une-1909.jpg« Deux civils gravement blessés par balles par des hommes armés ont été transférés mardi à Gao. Ils sont vraiment dans un état grave », a indiqué cette source médicale à Gao, plus grande ville du nord du Mali, située à environ à 300 km au sud de Kidal.

Les circonstances dans lesquelles ces personnes ont été blessées n’ont pas été précisées.

Depuis l’arrivée vendredi à Kidal de quelque 150 soldats maliens, conformément à un accord avec la rébellion touareg qui occupait la ville depuis février et dont les combattants ont été cantonnés, les tensions sont très vives entre partisans et opposants à la présence de l’armée malienne.

Des manifestations des deux camps ont lieu quotidiennement et au moins deux militaires de la force de l’ONU au Mali (Minusma) ainsi qu’un soldat français présents dans la ville ont été blessés par des jets de pierres pendant le week-end.

Plusieurs dizaines de civils ayant soutenu l’arrivée de l’armée malienne à Kidal étaient toujours réfugiés mardi dans un camp militaire, « parce que les éléments du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg), veulent leur faire la peau et la situation est très critique sur place », a affirmé une source sécuritaire malienne.

Ces tensions à Kidal surviennent à moins de trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle du 28 juillet, un scrutin censé mettre fin à la crise sans précédent qu’a traversée en 2012 le Mali, dont toute la partie nord a été occupée pendant neuf mois par des jihadistes, en grande partie chassés début 2013 par une intervention armée internationale emmenée par la France.

« Le gouverneur de Kidal, qui devait quitter mardi Bamako pour regagner son poste, n’est pas parti pour des raisons de sécurité », a appris l’AFP auprès d’un fonctionnaire du ministère de l’Administration territoriale. « Or il faut qu’il soit sur place pour organiser l’élection », a-t-il ajouté.

Selon un haut responsable malien, « si la situation continue à se dégrader à Kidal, on peut se demander si on peut envisager sur le terrain une campagne électorale, et même des élections ».

La situation de cette ville, berceau des Touareg où la préparation du scrutin est encore plus délicate qu’ailleurs, est à l’origine d’une demande de report de l’élection déposée lundi à la Cour constitutionnelle par un des candidats à la présidentielle, Tiébilé Dramé, ancien ministre qui a négocié à Ouagadougou un accord de paix avec la rébellion touareg, portant notamment sur le statut de Kidal.

Avec les 27 autres candidats à la présidentielle, M. Dramé a été reçu mardi à Bamako par le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, qui leur a déclaré qu’un « report de quelques mois » ne règlerait pas « les questions techniques fort judicieuses que certains ont soulevées ». « Tous les candidats sont à égalité sur les insuffisances, et les imperfections relevées ici et là », a-t-il dit.

« Il ne saurait y avoir d’élection parfaite, encore moins dans un pays en sortie de crise », a estimé le président par intérim qui a affirmé avoir « la conviction que les imperfections du processus électoral peuvent être compensées par l’esprit civique, patriotique, des électeurs, des candidats ».

© AFP – Le 09/07/13 – 18:23

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Kidal : Mohamed Ag Najim tire sur deux nomades

Le chef d’état-major du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Mohamed Ag Najim, a montré son vrai visage de criminel le lundi 8 juillet 2013 au nord de Kidal quand il s’est permis, en toute arrogance, d’ouvrir le feu sur deux nomades. Leur seul tort serait qu’ils n’appartiennent pas à son ethnie, les Ifoghas.

L’une des victimes a reçu des balles dans ses pieds alors que l’autre en a reçu dans l’abdomen. Les deux victimes ont été évacuées à l’hôpital de Gao par Médecins sans frontières. Cet acte crapuleux ne manque pas d’indigner l’opinion nationale qui ne comprend pas comment, après que l’accord de Ouaga eut été signé que des terroristes continuent de tourmenter les populations, sans être désarmés.

Cette crapulerie est aussi le témoignage du goût du MNLA pour le racisme et prouve qu’il est loin d’incarner la cause touarègue. On se rappelle que des Touaregs à la peau noire avaient connu récemment des scènes d’humiliation à Kidal quand ils ont été expulsés de la ville pour leur supposée complicité avec le Mali.

Les mêmes gens s’opposent à l’entrée à Kidal du colonel touareg, El hadj Gamou par le fait qu’il n’est pas de la même ethnie que les animateurs du MNLA, c’est-à-dire les Ifoghas.

C’est regrettable que les terroristes-séparatistes du MNLA puissent se livrer à de actes pareils au nez et à la barbe des forces de la communauté internationale, notamment les militaires français qui ne disent rien et ne font rien.

Ces mêmes militaires français qui ont délesté les 150 soldats maliens, rentrés pacifiquement à Kidal, de leurs armes lourdes, sans en faire autant avec les éléments du MNLA, lesquels devraient être cantonnés et désarmés puisqu’il ne peut pas avoir deux armées dans un même pays.

Abdoulaye Diakité

L’Indicateur du Renouveau du 10 Juillet 2013