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A l’approche d’une importante réduction du nombre de soldats français au Mali d’ici fin janvier 2014, le chef de la mission de l’ONU dans ce pays a réclamé un renfort en troupes pour faire face aux attaques « asymétriques » persistantes de jihadistes armés dans le Nord.

S’exprimant mercredi devant le Conseil de sécurité à New York, Bert Koenders, qui dirige la mission de l’ONU au Mali (Minusma), a noté qu’elle ne compte actuellement que « 50% des troupes nécessaires », soit environ 6.000 hommes, essentiellement de pays africains, sur les quelque 12.000 prévus d’ici à la fin de l’année.

« Nous ne tournons pas encore à plein régime, il faut dès que possible compléter le déploiement de certains bataillons d’infanterie », a-t-il ajouté.

Il a également réclamé des hélicoptères « pour accéder aux zones reculées afin de protéger les civils », invitant les membres du Conseil de sécurité « et les pays qui fournissent des troupes (à la Minusma) à faire le maximum pour permettre un déploiement rapide de moyens de transport et de bataillons supplémentaires au Mali ».

Cet appel est lancé alors que la France, qui intervient militairement au Mali depuis janvier contre les groupes islamistes armés qui ont occupé le nord de ce pays pendant neuf mois, prévoit de réduire ses effectifs d’environ 3.000 soldats actuellement à un millier fin janvier 2014.

Mais pour assurer la sécurité des législatives au Mali dont le premier tour a lieu le 24 novembre et le second le 15 décembre, « on va garder un peu plus de 2.000 hommes jusqu’à la fin de l’année », a déclaré jeudi Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense.

L’armée française est actuellement la seule à pouvoir mener des actions anti-terroristes au Mali, selon des experts, au moment où des islamistes armés toujours présents dans la zone montrent qu’ils ont gardé une capacité de nuisance: ils ont commis le 28 septembre un attentat-suicide meurtrier à Tombouctou et tiré neuf jours plus tard à l’arme lourde sur Gao, la plus grande ville du Nord, blessant un soldat malien.

L’attaque de Tombouctou a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les tirs d’obus sur Gao par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui a menacé d’en mener d’autres au Mali, dans les pays ouest-africains qui participent à la Minusma et en France.

Soldat français grièvement blessé

Pour l’ambassadeur français à l’ONU, Gérard Araud, ces attaques constituent certes « une alerte » mais « elles étaient menées en amateur et n’étaient pas coordonnées ». Il a confirmé que le désengagement français « se déroulait au rythme annoncé » avec pour objectif d’avoir un millier de soldats au Mali « au début de l’an prochain ».

Samedi 12 octobre, un soldat français a été grièvement blessé lors de la destruction d’une cache d’armes et de munitions à 70 km à l’est de Gao, a annoncé jeudi l’état-major des armées à Paris.

Reste à savoir qui, en dehors des pays africains déjà présents aux côtés de la France au début de l’intervention, pourrait venir rapidement renforcer la Minusma à laquelle ces pays ont été intégrés. L’Inde avait fait savoir qu’elle était prête à le faire, mais sa promesse ne s’est pas encore concrétisée.

Les élections législatives de novembre et décembre doivent parachever le processus électoral entamé par la présidentielle de juillet-août, qui s’est déroulée sans incidents et a été remportée haut la main par Ibrahim Boubacar Keïta.

La peur d’attaques islamistes armées pendant ce scrutin ne s’était pas confirmée, mais celles de septembre et octobre sur Tombouctou et Gao font craindre que les groupes liés à Al-Qaïda ne viennent perturber les législatives.

Jeudi, l’Union européenne (UE) a lancé à Bamako sa mission d’observation de ces législatives, dans l’espoir qu’elles confirmeront le « succès incontestable » de la présidentielle, selon le chef de la mission de l’UE, Louis Michel.

Réagissant à l’appel de Bert Koenders à New York, il a déclaré: « Oui effectivement, il faut renforcer la sécurité ». « Il faut le faire, mais je ne suis pas du tout pour le report éventuel des législatives » sous la pression d’un « terrorisme politique et militaire » de groupes armés, a-t-il affirmé.

17:59 – 17/10/13

Bamako (AFP)


Face à la recrudescence des violences au nord du Mali : Le Conseil de sécurité appelle à renforcer les troupes sur le terrain

Le regain de tension observé récemment dans le nord du Mali semble donner des soucis aux Nations unies. Ainsi, l’organisation internationale a lancé un appel le mercredi 16 octobre, en faveur d’un renforcement de ses moyens humains et matériels pour mieux accomplir sa mission au Mali.

L’ONU a plaidé pour un déploiement de troupes supplémentaires et surtout des hélicoptères nécessaires aux forces de maintien de la paix afin qu’elles puissent mieux assurer la stabilité du pays ainsi que la sécurité des civils contre les groupes armés et les narcojihadistes qui continuent de perpétrer des attaques meurtrières au nord du Mali.

Rappelons que c’est depuis le 1er juillet dernier que la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation du Mali) majoritairement composée de soldats africains de la MISMA (mission internationale de soutien au Mali), a officiellement pris le relais de cette dernière. Malgré l’appel lancé par le Conseil de sécurité de l’ONU aux pays contributeurs de troupes, qui avaient promis de fournir 12 600 hommes, sur le terrain, seuls 5200 casques bleus sont présents.

Certaines sources disent d’ailleurs que c’est beaucoup moins que ce chiffre. Selon l’émissaire des Nations unies au Mali, le Néerlandais Bert Koenders qui s’exprimait devant le Conseil de sécurité, la situation sécuritaire est toujours fragile dans le pays notamment dans le nord. Par conséquent, il a appelé les pays contributeurs à déployer leurs troupes, » de façon urgente et à fournir de nouveaux moyens de transport, des hélicoptères et des bataillons supplémentaires « . Pour le responsable onusien, ces moyens devraient permettre la réhabilitation des pistes d’atterrissage dans les villes de Tessalit et Kidal dans le nord du Mali pour mieux faire face à ce qu’il qualifie de « risques d’attaques asymétriques » c’est-à-dire les attentats terroristes.

Il faut noter que les casques bleus onusiens au Mali ont été affaiblis par le départ de 1200 soldats du contingent nigérian en août dernier qui sont retournés combattre les rebelles islamistes très actifs dans leur pays. A cette situation, s’ajoute l’abandon par environ 150 militaires tchadiens de leurs positions pour protester contre le non-paiement de leurs primes et l’absence de relève. D’où l’urgence pour les pays qui ont manifesté leur désir de participer au rétablissement de la paix au Mali, de déployer de nouvelles troupes dans les meilleurs délais.

Réagissant après la publication de ce rapport au Conseil de sécurité, l’ambassadeur, représentant permanent de la France auprès des Nations-Unies, Gérard Araud a rejeté tout retrait précipité du dispositif actuel des forces françaises au Mali.

Il a promis que les forces françaises resteront au Mali jusqu’à l’organisation des prochaines législatives. Tout en rappelant que c’est probablement au cours de l’année prochaine que la France va désengager une grande partie de son dispositif qui passera à 1000 hommes pour aider le gouvernement malien à rétablir la sécurité dans le pays. Reste maintenant à espérer que cet appel du Conseil de sécurité ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd.

Maciré DIOP

L’Indépendant du 18 Octobre 2013.


Mali: l’ONU demande des renforts à l’approche du départ des troupes françaises

Le chef de la mission de l’ONU au Mali, la Minusma, rappelle que celle-ci ne compte actuellement que « 50% des troupes nécessaires », essentiellement de pays africains.

Devant le Conseil de sécurité à New York, Bert Koenders, qui dirige la mission de l’ONU au Mali (Minusma), a noté qu’elle ne compte que 6000 hommes, essentiellement de pays africains, sur les quelque 12.000 prévus d’ici à la fin de l’année.

A l’approche d’une importante réduction du nombre de soldats français au Mali d’ici à décembre, le chef de la mission de l’ONU dans ce pays a réclamé un renfort en troupes. Un renfort indispensable pour faire face aux attaques « asymétriques » persistantes de djihadistes armés dans le Nord.

S’exprimant mercredi devant le Conseil de sécurité à New York, Bert Koenders, qui dirige la mission de l’ONU au Mali, la Minusma, a noté qu’elle ne compte actuellement que « 50% des troupes nécessaires », soit environ 6000 hommes, essentiellement de pays africains, sur les quelque 12.000 prévus d’ici à la fin de l’année.

« Nous ne tournons pas encore à plein régime, il faut dès que possible compléter le déploiement de certains bataillons d’infanterie », a-t-il ajouté. Il a également réclamé des hélicoptères « pour accéder aux zones reculées afin de protéger les civils », invitant les membres du Conseil de sécurité « et les pays qui fournissent des troupes à faire le maximum pour permettre un déploiement rapide de moyens de transport et de bataillons supplémentaires au Mali ».

Cet appel est lancé alors que la France, qui intervient militairement au Mali depuis janvier contre les groupes islamistes armés qui ont occupé le nord de ce pays pendant neuf mois, prévoit de réduire ses effectifs d’environ 3000 soldats actuellement à un millier à la fin de l’année.

L’armée française est actuellement la seule à pouvoir mener des actions anti-terroristes au Mali, selon des experts, au moment où des islamistes armés toujours présents dans la zone montrent qu’ils ont gardé une capacité de nuisance: ils ont commis le 28 septembre un attentat-suicide meurtrier à Tombouctou et tiré neuf jours plus tard à l’arme lourde sur Gao, la plus grande ville du Nord. L’attaque de Tombouctou a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), les tirs d’obus sur Gao par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui a menacé d’en mener d’autres au Mali, dans les pays ouest-africains qui participent à la Minusma et en France.

Par LEXPRESS.fr, publié le 17/10/2013 à 17:24 Avec AFP.