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Toujours pas de fumée blanche à la cité administrative de Bamako alors qu’une nouvelle grève de cinq jours profile à l’horizon. Depuis vendredi, le premier ministre a rendu sa démission et, forcément, celle de l’ensemble des ministres, Moctar Ouane reconduit travaille à former une nouvelle équipe. Cette fois, on dit que le gouvernement sera de large ouverture.

Profession de foi bien comprise des acteurs politiques au point que certains soupçonnent déjà un piège alors que la transition est déjà à mi-chemin des 18 mois impartis. Les insoumis sont les leaders du M5-RFP qui, selon certaines indiscrétions, réclament à cor et à cris le poste de Premier ministre. C’est dire que la reconduction du chevronné diplomate Moctar Ouane n’est pas du goût de Choguel Maïga et ses compagnons de lutte. 

Pour crever l’abcès, le Premier ministre a mis en place une batterie de mesures pour embarquer le mouvement réfractaire dans le train de la Transition. La face visible de l’iceberg est cette consultation tous azimuts qu’il mène frénétiquement depuis le week-end dernier. L’objectif est de composer une équipe gouvernementale inclusive capable de jouer pleinement son rôle dans la mise en œuvre d’une trop ambitieuse feuille de route. 

Cinq jours après la nomination du chef de gouvernement, les négociations piétinent. Une liste consensuelle peine à sortir des pourparlers. Est-ce un réel blocage ? Les analystes pensent plutôt que le déplacement du président de la République (sur Paris) y est pour beaucoup. 

Certains sont catégoriques que la liste du gouvernement n’attend que le décret du chef de l’État attendu à Bamako avant le week-end. D’autres en revanche, voient le complot à chaque coin de rue. Pour cette catégorie de personnes, la branche militaire de la transition bloque la liste gouvernementale parce que non satisfaite. Après tout : « il ne sert à rien de courir, il fait arriver à point », commande la sagesse. 

A. CISSÉ

Source: L’Essor