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Seule parmi les hommes à l’artisanat, Assitan Coulibaly, âgée de 24 ans est la seule bijoutière à exercer ce métier. Grâce à ce boulot qu’elle pratique avec passion, la bijoutière peut prendre en charge ses besoins.    

Elle s’appelle Assitan Coulibaly, entre le feu et le fer, la bijoutière a décidé de tirer de là, son pain quotidien.  Ici, dans ce petit appartement que la brave dame loue avec ses amis, constitue pour eux, le lieu de la finalisation des bijoux commandés par des clients. Considérer pour le moment comme la seule femme de ce secteur à l’artisanat, elle a eu l’amour de ce métier depuis son bas âge. Dès lors, elle en a fait carrière. « Je n’ai pas fait de formation. J’ai juste aimé ce métier. A mes heures de pose, Je venais auprès d’un de mes grands frères qui faisait ce métier. C’est ainsi que j’ai eu l’amour de ce métier. Je n’ai pas pu terminer mes études et je suis devenue bijoutière » ; dit-elle.  

Les bijoux fabriqués par Assitan Coulibaly sont commandés même hors de Bamako. Et ils sont vendus à différents prix en fonction de leurs valeurs. « Il y a tous les prix, ça dépend du modèle. Il y a des modèles simples qui coûtent 12.500 f et 15.000 f. Il y a certains qui coutent 200.000 f et 300.000 f.   Il y a également pour 60.000 f, 300.000 f. Voici pour 60.000 f à débattre.   Et ça, 70.000 f » ; continue-t-elle.

Aujourd’hui, avec son niveau d’études de septième année et bénéficiaire du trophée de femme battante en 2017, Elle tire beaucoup d’avantages de ce métier de bijouterie.  » Ce métier m’apporte beaucoup d’avantages. J’arrive à subvenir à mes besoins. Je règle mes problèmes avec ce que je gagne. Je n’attends plus rien de quelqu’un  » ; ajoute Assitan Coulibaly. 

Les difficultés, Assitan Coulibaly en rencontre dans ce milieu mais, elle les affronte sans toutefois baisser les bras. « La bijouterie sous-entend les difficultés. La chaleur du feu, le marteau et l’acide me fatiguent énormément » ; a-t-elle déploré.

La charge et la pression de la bijouterie ont même rendu maladive la bijoutière au tout début de son boulot.  » J’avais eu mal à la poitrine en 2017. Je n’étais pas habituée à ce métier à l’époque. Maintenant, je suis habituée. Je ne ressens plus rien » ; rassure la bijoutière.

Aussi, la résistance de la famille face à son choix, a été une des expériences phares avoir affrontée Assitan Coulibaly.  » Ma famille n’aimait pas ce métier. Nous nous sommes bagarrés à cause de ça surtout avec ma grande sœur et ma mère. Quand je saluais ma mère, elle ne me répondait pas. Mais, aujourd’hui, elle a compris et tout va bien  » ; s’est-elle réjouie.

Toutefois, elle a des ambitions futures pour ses jeunes sœurs et pour elle-même.  » Mon rêve est d’ouvrir une école mais, sans fonds tout est impossible. Je veux ouvrir également mon propre atelier pour bien recevoir mes clients » ; a conclu la jeune bijoutière.

Les collaborateurs, les amis et les proches reconnaissent en elle, une brave femme.  » Elle fait tout ce que les hommes font comme métier. Elle est courageuse >; Samba DIAKITE, Parton d’Assitan COULIBALY.

Salif SAMAKE, un ami d’Assitan COULIBALY ajoutera qu’elle aime son boulot.  » Elle le fait sans se décourager.  Si tu fais un boulot et que tu ne l’aimes pas, c’est un peu difficile. Elle a le courage et l’intelligence> ; affirme-t-il.

Il n’existe pas de métier pour hommes ni pour femmes, l’essentiel est d’être passionné et d’avoir son pain quotidien. Assitan Coulibaly invite ses consœurs à travailler afin de devenir indépendantes. Comme elle le dit ainsi  » la femme ne doit pas toujours attendre tout de l’homme ».  

Adama SANOGO 

@Afribone