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À l’issue de leur réunion tenue dans notre capitale en fin de semaine dernière, les chefs de la diplomatie du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont fait cette recommandation. C’est une étape qui devrait ouvrir la voie vers une fédération.

Les rideaux sont tombés, vendredi  dernier, sur les travaux de la 1ère réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel (AES). La cérémonie de clôture a été marquée par la lecture de la déclaration finale et la signature du relevé de conclusion. C’était en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabé de l’extérieur, Mme Ragnaghnewendé Olivia Rouamba et du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré. La rencontre, qui s’est déroulée du 30 novembre au 1er décembre, a été précédée de la réunion des experts des Affaires étrangères  des pays de l’AES tenue les 27, 28 et 29 novembre derniers.


Cette réunion de l’AES avait pour objectifs de décider des mesures appropriées pour l’opérationnalisation de l’Alliance ; d’adopter des protocoles additionnels ; de convenir d’un mécanisme de coordination de l’action politique et diplomatique des états membres de l’AES ; de déterminer  les modalités  nécessaires au renforcement de l’intégration entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.


Le contenu de la déclaration de Bamako sanctionnant les travaux, a été délivré par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop. Les ministres ont réitéré leur ferme détermination de consolider les liens séculaires qui unissent les trois pays à travers une intégration politique et économique renforcée. Mais aussi de réaffirmer leur attachement à hisser le cadre formel des relations institutionnelles entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger «à la hauteur des liens particuliers qui unissent leurs peuples», peut-on lire dans la déclaration.


Les chefs de la diplomatie, à l’unisson, ont recommandé de favoriser la participation des élus, des femmes, des jeunes et de la société civile aux initiatives de l’Organisation qui vient de prendre son envol. «Les ministres prenant la mesure des attentes pressantes des populations de l’espace AES, et guidés par l’ambition de parvenir, à terme, à une Fédération réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, recommandent aux chefs d’état de l’AES la création d’une Confédération des trois pays», souligne la déclaration.

Face aux enjeux, notamment la nécessité de relever urgemment les défis communs, les responsables de département en charge des Affaires étrangères sont conscients du formidable potentiel de paix, de stabilité, de force diplomatique et d’émergence économique qu’offre une alliance politique renforcée. C’est pourquoi, ils ont accueilli favorablement la recommandation d’élargir les objectifs de l’AES aux domaines  de la diplomatie et du développement économique.
Répondant ainsi à la vision réaffirmée des présidents des trois pays de renforcer leur alliance stratégique, ajoute le document final.

ALLIANCE STRATÉGIQUE- Dans cette déclaration, a souligné Abdoulaye Diop, les ministres burkinabé et nigérien ont réitéré leurs félicitations aux Forces armées maliennes (FAMa) pour la reprise historique et héroïque de Kidal. Ces personnalités «ont salué cette étape importante dans le processus de restauration de la présence et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire du Mali», rapporte la même source, précisant qu’il y a des succès significatifs enregistrés par les Forces de défense et de sécurité de ces pays dans le cadre de la lutte commune contre le terrorisme et l’insécurité.


De même, le communiqué final mentionne que les ministres de l’Économie et des Finances de la zone ont tenu à Bamako, le 25 novembre dernier, «la réunion ministérielle de l’AES sur le développement économique dans l’espace du Liptako-Gourma». Cette rencontre, a fait connaître le ministre Diop, a formulé des recommandations pour favoriser le développement économique de l’AES par la réalisation de projets structurants dans les domaines de l’énergie, des infrastructures, des transports et de la sécurité alimentaire. Il a affirmé que ces collègues en charge de l’Économie ont suggéré la création d’un fonds de stabilisation et d’une banque d’investissement de l’Alliance. Ce n’est pas tout, ceux-ci ont opté pour la mise en place d’un comité chargé d’approfondir les réflexions sur les questions de l’Union économique et monétaire. Cette 1ère édition a permis aux participants d’adresser une motion spéciale de remerciements  au président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. Par ricochet à ses pairs du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré et du Niger le général de brigade Abdourahamane Tiani pour la clairvoyance de leur vision et de leur engagement patriotique.


Auparavant, le chef de la diplomatie malienne avait fait remarquer, dans son discours de clôture, que les documents ont fait l’objet d’accord total entre les parties à travers l’adoption du relevé de conclusion et du communiqué final. «Ces éléments sont à la hauteur de l’ambition des trois chefs d’état, des gouvernements et des peuples respectifs d’élever le niveau de nos relations», a soutenu Abdoulaye Diop, ajoutant que l’Alliance n’est pas que dans la réaction. Mais qu’elle est, plutôt, en train de forger sa propre façon de concevoir l’amitié, la coopération, la fraternité et la solidarité entre nos pays.

Namory KOUYATE

Source: L’Essor