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La semaine dernière, l’Algérie et le Mali se sont mis d’accord pour mener des patrouilles conjointes contre le terrorisme et le banditisme. Une politique que les Américains appelaient de tous leurs voeux depuis 2002.

En effet, la politique américaine au Sahara consiste principalement à lutter contre les réseaux de trafiquants et à empêcher l’ex Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al Qaïda au Maghreb, d’étendre son influence hors de l’Algérie.

Et c’est à cause de cette menace que les forces militaires de plusieurs pays du Sahel ont reçu pendant de nombreuses années des entraînements spécifiques de l’armée américaine. L’exercice est devenu une habitude annuelle. Mais cette année, les Américains estiment avoir assez fait en la matière puisqu’au Mali ils ont choisi de s’appesantir sur le volet sanitaire lors des opérations militaires.

En 2005, certains observateurs avaient trouvé que grâce à ce programme, l’Algérie, le Tchad, le Mali, le Niger et la Mauritanie ont pu affaiblir considérablement les capacités de nuisance du groupe salafiste et améliorer le contrôle au niveau de leurs frontières.

Mais c’était sans compter avec la résurrection de l’irrédentisme touareg et le banditisme transfrontalier. Si le terrorisme a jusque là été contenu dans la zone, des conflits identitaires sont nés. Le Mali et le Niger font face à des rebellions touarègues. Par ailleurs, des attaques isolées et le trafic irrégulier sont de plus en plus monnaie courante.

Pourtant, le souhait des “GI’S”, à en croire leurs déclarations, a toujours été d’assurer la protection des frontières, le suivi de la circulation des personnes, la lutte contre le terrorisme et la coopération régionale.
Les Américains sont restés sur leur faim quant à cette coopération régionale.

Si des opérations ponctuelles ont conduit à l’arrestation de terroristes, les pays de la région ne s’emballent pas trop pour une action concertée contre l’insécurité. Des rencontres ont eu lieu entre le Mali et le Niger après l’éclatement des foyers de tension installés par des Touareg. Paradoxalement, elle n’ont jamais été assorties d’une initiative analogue à celle qu’Alger et Bamako viennent d’entreprendre.

D’autres formes de menace sécuritaire guettent toujours la zone. Les pays du Sahel comptent parmi les Etats les plus pauvres de la planète. De nombreux observateurs, dont les militaires américains, ont relevé le potentiel de violence islamiste existant dans la région et ont conclu que plusieurs facteurs y contribuent à une montée de l’extrémisme religieux.

Une activité de prosélytisme fondamentaliste est en augmentation, parallèlement à l’anti-occidentalisme. Pour des spécialistes du terrorisme, cette situation serait l’oeuvre de “Jamaât El-Tabligh”, des fondamentalistes pakistanais. Pourtant, l’islam fondamentaliste existe depuis près de 60 ans dans la région sans pour autant qu’il soit lié à une violence contre l’Occident.

Soumaila T. Diarra

21 Juillet 2008