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Le gouvernement français a vivement condamné, mercredi 3 octobre 2012, l’exécution par les islamistes d’un homme accusé de meurtre à Tombouctou. Si les jihadistes parlent d’une application stricte de la charia, les habitants, impuissants, dénoncent cette radicalisation.

jpg_une-1066.jpgL’homme exécuté d’une balle dans le dos était accusé d’avoir tué son voisin, un pêcheur. Pour les islamistes, l’application de la charia dépend de la famille de la victime.

A Tombouctou, les proches de la victime ont refusé de négocié et donc exigé la mort. Le porte-parole d’Ansar Dine, Sanda Ould Boumana était présent lors de l’exécution de ce membre de son propre groupe: «C’est sous le drapeau d’Ansar Dine qu’il a commis ce crime. Il a tué… on a jugé… la famille de la victime a exigé l’exécution et c’est leur droit dans notre charia.»

Pour la grande majorité des habitants de Tombouctou, ce n’est pas la charia mais l’application de la loi du plus fort qui est imposée. «La vie est entre les mains d’Aqmi et c’est elle qui dicte sa loi ici… La famille du pêcheur a effectivement demandé que l’on exécute le monsieur. Elle ne veut pas de dommages et intérêts pour quelque montant que ce soit. C’est la loi du plus fort qu’ils sont en train d’appliquer ici» déclare un habitant.

Certains habitants, rentrés récemment à Tombouctou après des mois d’exil, ont décidé de rependre la route pour se mettre à nouveau à l’abri.

RFI, le 4 Octobre 2012


Mali: en amont d’une éventuelle offensive de la Cédéao, les islamistes se préparent

Dans le nord du Mali, les jihadistes qui contrôlent un territoire grand comme une fois et demi la France, se préparent à une éventuelle attaque des forces maliennes et de la Cédéao. Ils ont ainsi changé leur dispositif de sécurité, et remanié leur commandement opérationnel.

Les armes lourdes sont désormais en dehors des grandes localités. Un recrutement massif de jeunes locaux a été effectué. Ce sont ces visages juvéniles mais féroces, qu’on rencontre désormais aux différents check-points qui mènent vers les grandes villes.

Les jihadistes ont également procédé à un remaniement dans la chaîne de commandement. Ainsi, à la police islamique de Gao, qui fait office de préfecture, Abdel Hakim, Sahraouis issu des camps Polisario, et qui était un véritable chef de la localité, n’a plus de véritable pouvoir. Sa place est désormais occupée par des jihadistes de nationalité pakistanaise et surtout égyptienne.

Les Egyptiens viendraient de la Libye et sont très proches de Belmokhtar, l’un des chefs d’Aqmi de nationalité algérienne, qui devient de plus en plus le patron de la région de Gao. Dans la même zone, on retrouve des jihadistes algériens.

Si à Kidal, au nord-est, c’est toujours Iyad Ag Ghali, le chef du groupe islamiste Ansar Dine qui est le patron, à Tombouctou, au nord-ouest, Abou Zeid, autre chef d’Aqmi, est le maître des lieux.

Mais il a désormais deux adjoints, Sanda, qu’on lui prête le porte-parole, mais surtout Yahia Abou Amam, qui assure désormais l’intérim d’un de ses compatriotes algériens, Nabil Marloufi, récemment tué lors d’un accident de la circulation.

RFI, le 4 Octobre 2012