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Terre de paix et de tourisme »: les vieilles plaques d’immatriculation des voitures portent encore cette inscription si chère aux habitants du Plateau, dans le centre du Nigeria. De jeunes passionnés de randonnée comptent faire revivre le slogan, malgré la violence qui éreinte leur belle région. Chaque week-end, Andrew Niagwan et ses amis défient l’insécurité pour tracer de nouveaux sentiers de balade et relancer le tourisme dans des paysages verdoyants à couper le souffle. « Nous avons déjà une soixantaine d’itinéraires et nous continuons d’en découvrir », raconte entre deux foulées de géant ce trentenaire de près de deux mètres, en arrivant au sommet des Shere Hills, une chaîne montagneuse qui attirait autrefois des touristes de tout le pays. Armé d’une bombe de peinture blanche, Andrew dessine des flèches sur les cailloux qui jalonnent le parcours. Un peu plus loin, un guide ouvre la voie à travers la végétation dense, à grands coups de machette. « Pendant des années, plus personne n’a sillonné les environs, mais grâce à nous, la fièvre de la randonnée est de retour! », dit fièrement Andrew, qui a créé en 2013 le « Jos Plateau Hikers club » avec son ami et mentor français Yves Gattepaille, 82 ans dont plusieurs décennies à arpenter la région à pieds. Le micro-climat d’une fraîcheur exceptionnelle dans un pays souvent suffocant, la beauté des dômes rocheux et ses établissements hôteliers ont longtemps fait de l’Etat du Plateau le lieu de villégiature favori des riches Nigérians et des expatriés. Mais au début des années 2000, les ardeurs des touristes et des randonneurs ont été refroidies par les violences entre communautés chrétienne et musulmane qui ont secoué la capitale régionale Jos et ses environs, faisant plus de 10.000 morts selon l’ONG Human Rights Watch. – Visite d’Elizabeth II – Au carrefour d’un nord majoritairement musulman et d’un sud à dominante chrétienne, la région de Jos a fait partie de la zone d’influence du Califat peul de Sokoto (nord) avant la colonisation anglaise. Mais les communautés autochtones, aidées par le relief montagneux qui empêchait les conquérants de passer à cheval, ont résisté à la vague d’islamisation venue du nord…AFP