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La nouvelle de la démission de Malamine Koné de son poste de conseiller exclusif de la FEMAFOOT, a ébranlé plus d’un malien qui s’inquiète de l’avenir des relations de l’équipementier des Aigles avec le football malien d’une manière générale. Le patron de la marque Airness que nous avons pu joindre au téléphone dans la nuit le mercredi dernier vers 21 heures rassure. Et pourtant…

Malamine Koné, dont les grandes ambitions et l’engagement patriotique sont connus et appréciés de tous, n’est plus en bons termes avec l’actuelle équipe dirigeante de la fédération malienne de football. Et selon des sources bien introduites, la plupart des responsables du comité exécutif de la FEMAFOOT se réjouissent de sa récente démission de son poste de conseiller spécial exclusif. Les mêmes sources indiquent que cette démission offre plus de marge de manœuvre à l’équipe de Salif Kéïta, encore que l’Etat, à travers le département des sports notamment, pourrait relativement se décharger.

En tout cas les déclarations de certains, dont le responsable de la communication de la Femafoot, ont très souvent présenté le patron de Airness comme un blocage pour le football malien. Sa démission est donc une aubaine pour certains à la Femafoot. Selon nos source, face aux argumentations selon lesquelles son contrat de conseiller exclusif est déséquilibré, M Koné avait lancé une invitation à la négociation avec la présidence de la FEMAFOOT qui n’a jamais daigné répondre. Au bout des entretiens que Salif Kéïta et ses adjoints (Karounga Kéïta et le colonel Boubacar Diarra) auraient pu avoir avec lui en France, Malamine Koné était disposé à une renégociation de ce contrat.

Mais jamais les représentants de la fédération n’ont voulu faire le déplacement à Paris, ce qui traduit leur réel état d’esprit face à cette collaboration avec Malamine Koné. Celui-ci nous confie : « Dès la fin de Ghana 2008, j’ai invité Salif, Karounga et le colonel (NDLR : Boubacar Diarra), pour qu’ils viennent et qu’on discute de la prestation des Aigles et dégager des pistes pour l’avenir. A ce jour, ils n’ont pas répondu à mon invitation. Seulement, je ne vais pas entrer dans une polémique au moment où le football malien a besoin que tous les acteurs se serrent les coudes ».

En réalité, depuis fort longtemps, la FEMAFOOT ne joue plus franc jeu avec notre compatriote qui a généreusement investi des centaines de milliers d’euros depuis qu’il s’est engagé, le 5 mars 2005, auprès du football malien. Lui-même avance le montant avoisinant les 600.000 euros soit près de 400 millions de francs CFA investis en équipements et pour le traitement salarial des entraîneurs. « Quand je venais, le Mali n’avait pas d’entraîneur depuis un an. je me suis alors mis à la recherche d’un entraîneur de haut niveau. Et j’ai fait tout cela sans contrepartie et par simple engagement patriotique. Donc je n’ai aucun regret pour tous les actes que j’ai posés en faveur du football de mon pays », nous a-t-il confié.

On se rappelle, les Aigles occupaient la dernière place de leur poule de qualification pour les éliminatoires combinées de la CAN/Mondial 2006, les autorités du pays ont dû faire appel à Malamine Koné qui s’est d’emblée engagé à hauteur de 200 millions de francs CFA. Cette somme devait servir à honorer la moitié du salaire de l’entraîneur pendant huit mois, l’habillement annuel des équipes nationales (131 millions F CFA) , la prime de qualification à la CAN et 32,7 millions d’aide à la fédération.


Fuite en avant de la Femafoot

Airness est ainsi devenu l’équipementier des Aigles du Mali. Plus tard, Malamine Koné qui a proposé le recrutement de Pierre Léchantre, est devenu le conseiller spécial exclusif de la fédération à la laquelle il devait apporter son expertise. C’était à l’époque de Tidiani Médian Niambélé, et tout a semblé bien fonctionner. Même si le Mali n’a pu se qualifier, Malamine Koné et Mali foot ont accepté de repartir sur de nouvelles bases.

Mais dès que l’équipe de Salif Kéïta s’est installée, les problèmes ont commencé à surgir. Malamine Koné était de plus en plus présenté comme l’empêcheur de tourner en rond malgré le fait qu’il a proposé et pris en charge le traitement de l’entraîneur Jean François Jodar qui avait la charge d’assurer une qualification malienne pour la phase finale de la 26ème CAN. Le conseiller spécial de la fédération était même accusé d’être à la base du blocage du contrat Orange Sa, et du contrat Ikatel à l’époque. Et pourtant, dit-il, « je n’ai jamais été contre ce contrat. J’ai seulement souhaité qu’il soit entouré d’une grande transparence. Alioune N’Diaye le PDG de Orange peut le témoigner ».

Aussi tant que les résultats de l’équipe suivaient, Mala ne pouvait être accusé ouvertement d’être source de blocage. La FEMAFOOT devra lui reconnaître les bienfaits de son implication qui a permis à certains joueurs qui avaient décidé de ne plus répondre ou qui hésitaient à répondre à l’appel de la sélection, de reconsidérer leur position. Quand le Mali a pu se qualifier, personne ne trouvait à accuser Mala ou Jodar. Mais voila que les Aigles ont échoué au premier tour de la campagne ghanéenne, ces deux messieurs sont accusés de tous les noms.

Cette fuite en avant du bureau fédéral ne pourra nullement servir le football malien, plutôt un méa culpa à tous les niveaux s’impose. Maintenant voila que la retentissante démission du conseiller exclusif inquiète. D’autant qu’à Mali foot, certains seraient en train d’œuvrer à la rupture du contrat de l’équipementier Airness. Des reproches sans fondement sont très souvent formulés à propos de la quantité et de la qualité des équipements Airness.

L’on ne sait pas encore jusqu’où iraient ces manœuvres malveillantes. Mais le patron de Airness rassure : « je resterai toujours à la disposition du Mali et je servirai toujours mon pays, comme je l’ai fait jusqu’ici ». D’ailleurs, a-t-il poursuivi, « contrat ou pas contrat, je continuerai à servir le Mali. Je serai toujours à la disposition de mon pays ».

Souleymane Diallo

03 Mars 2008.