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Neuf mois après la nomination de Modibo Sidibé à la tête du gouvernement, le Mali ne s’en porte pas mieux que sous le précédent. Pis le pays sombre dans la dépression même.
Il a été choisi comme celui qui peut apporter des solutions aux souffrances des Maliens. Mais plus de 8 mois après sa nomination, le locataire de la Maison du peuple, Modibo Sidibé, un homme qui a accumulé les expériences sous trois régimes (GMT, Alpha et ATT) ne parvient pas à trouver des remèdes aux maux qui gangrènent la nation malienne : vie chère, crise scolaire et problème du Nord.

Face à la morosité et à la stagnation économique à tous les niveaux, il y a à se demander si le chef du gouvernement est l’homme de la situation.

Partout le même constat, le même désespoir et la même colère face au pilotage à vue, à l’amateurisme et à l’improvisation d’un Premier ministre et de son bataillon qui ont manifestement atteint « leur seuil d’incompétence ».

La propagande gouvernementale, voulue et entretenue par les médias d’Etat qui ont la propension de tout peindre en rose, a atteint ses limites. Sous Modibo Sidibé, l’espoir a vite fait place au désespoir. La misère et la pauvreté ont fini de prendre les Maliens à la gorge avant de les étouffer.

Dire aujourd’hui que les prix des denrées de première nécessité sont hors de portée relève de la lapalissade. Le prix du kilo du riz sur certains marchés frôle les 400 F CFA.

Ce qui tranche d’avec les 310 F CFA le kilo annoncés à grand renfort de publicité par le gouvernement. Le prix de la viande a également pris l’ascenseur, soit 1900 F CFA contre moins de 1000 F CFA au Burkina Faso. Sacrilège dans un pays d’élevage et exportateur de bétail ! Que dire des autres produits comme le lait, le sucre, l’huile ?

Qu’il s’agisse de vulcanisateurs ou des blanchisseurs, ils ont tous revu leurs tarifs à la hausse. Présentement, une chambre à air est collée à 350 F CFA contre 250 F CFA, il y a peu. Le blanchissage d’un complet est passé de 100 F CFA à 150 F CFA. Comment comprendre que ces augmentations souvent sans fondement se passent au nez et à la barbe de nos gouvernants sans qu’ils ne pipent mot ?

Le pays va mal, Dieu merci !

Dans le Mali d’aujourd’hui, c’est le laisser-aller. Sinon dans un Etat fort, il est impossible de voir les commerçants aller à contre-courant des prix fixés par le gouvernement. L’exemple le plus récent est celui du riz vendu à tout sauf à 310 F CFA.

Que sont donc devenues les exonérations accordées aux opérateurs économiques ? Le gouvernement serait-il de connivence avec eux ? Tout porte à croire que l’équipe Modibo Sidibé est à bout de souffle. Pour tout dire, il ne contrôle rien et ne maîtrise rien.

La dilapidation des fonds publics reste un sport national pour ne pas dire qu’elle est érigée en système avec le développement du concept « un ministre ou un directeur national qui n’a pas des voitures et des villas n’est un enfant béni ». Des auteurs de ce crime se la coulent douce, à l’ombre des châteaux, bâtis sur les parcelles arrachées aux pauvres ou au volant de voitures luxueuses.

Manifestement, rien de tout cela ne semble émouvoir le chef du gouvernement qui n’a jusque-là fait que déplacer des problèmes en annonçant tantôt le forum sur l’éducation, tantôt les Etats généraux de la corruption.

Pourquoi ne pas s’attaquer à la racine du mal en sanctionnant les fautifs que d’organiser des foras qui seront des rencontres de plus et une manière de jeter par la fenêtre l’argent qui pourrait être utilisé à d’autres fins tant les priorités sont nombreuses ? Au malaise général des Maliens se greffent la crise du Nord et celle de l’école qui est dans le mur.

Depuis qu’il est aux affaires, la seule et l’unique trouvaille du Premier ministre pour calmer un tant soi peu la demande sociale est « l’Initiative riz ».

Toutefois, sans budget conséquent, ni moyens matériels adéquats, le projet est jugé déjà « mort-né » par certains. Une « Initiative riz » que le président du Parena a qualifiée « d’impréparation et d’opération hasardeuse » au cours d’une conférence de presse le 5 juin 2008.

Mohamed Daou

24 Juin 2008