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Le Malien est un grand blessé qui sait souffrir dans le silence ; voire le sourire aux lèvres. A Bamako, il subit avec de plus en plus d’agacement l’étalage ostentatoire de la force de l’armée étrangère.

On voit de moins en moins les soldats maliens dans les rues de Bamako. On dirait qu’ils sont cantonnés quelques parts ou alors interdits de circulation. Cela est tout à fait le contraire pour les armées étrangères qui peuplent l’air et les rues de la capitale. A Bamako, les habitants aiment vivre à l’extérieur des maisons partout, ce sont des « grins » et les petits commerces et boulots qui fleurissent tous les espaces (le thé étant le centre du monde, de la vie et de la sociabilité). Cette position extérieure est vitale pour la vie en communauté.

Force est de croire que cette sociabilité est désormais polluée par les passages, partout et à tout moment, des engins de guerre de tout taille et de toute sorte. Ils sont, cela les rend encore plus visibles, de couleur blanche et frappés de deux lettres en caractère gigantesque : « UN ». Cela n’à rien avoir avec le « Un » qui signifie l’unité, mais « United Nation » ou les Nations Unies. Ces engins crées pour semer la mort sont vilains à voir et ils ont montés des soldats prêts pour faire la guerre et en masse. Des soldats de pays sous développées qui sont venus gagner beaucoup, mais vraiment énormément d’argent sur notre misère, nos mains coupées et nos femmes violées.

Oisiveté est mère des vices

Ces soldats étrangers gagnent beaucoup. Ils sont ici à Bamako à passer la journée sans rien faire. La nuit, ils vont « pêcher » là où les dragueurs, et les amoureux de Bamako vont tenter leur chance d’habitude. Mais la concurrence est déloyale : ils raflent les filles et font des frustrés. Y compris chez les pères de famille qui, apprennent que leur filles sont devenues folles avec l’argent de l’Onu que les soldats étrangers, oisifs et en rut, déversent. Les étrangers casques bleus balaient donc les Bamakois le soir. Le jour, ils paradent dans leurs engins de guerre, l’air menaçants, la mine serrée et l’indexe sur la gâchette. En passant, leur armes très vilains à voir sont braquées sur les passants ou ceux qui sirotent du thé au bord de la rue.

Du matin au soir, ils paradent. Ils sont partout présents et ont des bases partout. Ils traversent les populations en les ignorants. Totalement, le mépris absolu. « Toi, qui est journaliste, qu’avons-nous fait pour mériter cela ? » un autre veut savoir quel est le changement à Bamako. D’autre demande aussi : « mais que font-ils ici? Les islamistes et terroristes sont au nord ». Parfois, les discussions chauffent : « Et si cela arrivent qu’ils tirent sur nous, que doit-on faire » « Ah non, ils n’oseront jamais tirer sur la population » une autre question revient : « quand s’en iront-ils ? »

La population de Bamako ne laisse rien apparaitre, mais de la présence des casques bleus, ils en ont marre. Qui endossera la responsabilité en cas de cas ? Prévenir vaut mieux……

Amadou Tall

Le Matin du 3 Octobre 2013