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Malaise au sein du PMU-Mali : Le Directeur commercial sur le banc des accusés

Pendant que l’affaire opposant le Collectif des revendeurs à la Direction générale du Pari Mutuel Urbain du Mali (PMU-Mali) continue de créer une situation délétère au sein de la structure, affaire dans laquelle le juge d’instruction de la Cour d’appel de Bamako serait, dit-on, partisan et qui a fini par atterrir à la Cour suprême et dont le verdict est attendu, voilà une autre qui refait surface. Cette fois-ci, c’est le Directeur commercial du PMU-Mali qui est dans le collimateur du Collectif des revendeurs.

En effet, depuis un certain temps, le ton est monté d’un cran entre le Collectif des revendeurs du PMU-Mali et leur Direction commerciale, laquelle est chargée notamment de la vente des carnets PMU-Mali. Au Directeur commercial, il est reproché plusieurs griefs, notamment le fait qu’il a «instrumentalisé certains travailleurs qui piétinent aujourd’hui d’autres travailleurs plus pauvres».

Selon les membres du Collectif des revendeurs du PMU-Mali, ce sont les superviseurs, placés sous l’égide du Directeur commercial, qui s’occupent du nombre de carnets de vente PMU-Mali à octroyer aux revendeurs qui, à leur tour, s’occupent de la distribution à ceux qui s’occupent des kiosques.

Là où le bât blesse, c’est que c’est un parcours de combattants pour les revendeurs d’avoir des carnets, une fois leurs produits écoulés dans les kiosques de vente. «Il faut faire les pieds et mains pour qu’on vous ajoutent quelques carnets, tout comme ceux-ci étaient une propriété des superviseurs. Ils font tout à leur guise et le Directeur commercial ne bronchent pas. Est-ce une complicité entre eux pour nous malmener, alors que c’est grâce à notre travail que toute la chaîne fonctionne ?», s’interroge un revendeur, visiblement très remonté.

Il va même plus loin en affirmant qu’au lieu d’assumer ses responsabilités, le Directeur commercial ne fait qu’exceller dans une gestion calamiteuse et dévastatrice. «Il a montré toutes ses limites. Tout ce qu’il sait bien faire, c’est de réprimander les pauvres revendeurs de PMU-Mali à travers des sanctions qui n’ont pas de sens, épargnant toujours ses proches et fidèles. Diviser pour mieux régner, voilà son sport favori. Nous, nous ne sommes pas d’accord avec cette politique qui a semé un grand malaise au sein du PMU-Mali», nous confie-t-il.

Autre point d’achoppement entre le Directeur commercial et le Collectif des revendeurs du PMU-Mali : l’emplacement des kiosques et des points de vente des tickets. Selon nos informations, kiosques et points de ventes sont les deux lieux autorisés par le PMU-Mali, la vente ambulante étant supprimée pour une meilleure visibilité et traçabilité des résultats.

Ce qui n’est le cas, car le Directeur commercial fermerait, via les superviseurs, les yeux sur certains de ses «proches» qui continuent d’effectuer cette vente ambulante.

En outre, à en croire notre source, le kiosque doit primer sur le point de vente, mais le constat est amer. Les points de vente à Bamako ne cessent de déranger énormément les kiosques, au vu et au su des chefs commerciaux appelés superviseurs.

En effet, la distance réglementaire, nous explique-t-on, entre un kiosque et un point de vente doit être de 500 mètres, mais l’application de cette donne se ferait au bon vouloir et au plaisir de certains chefs. «On allait même assister à un scandale juridique entre détenteurs de kiosques et revendeurs aux points de vente, n’eurent été la vigilance de la Direction administrative et l’implication personnelle du Directeur intérimaire», nous révèle Isaac Dramé dit Zacky, Secrétaire général du Collectif des revendeurs du PMU-Mali.

Par ailleurs, il est reproché au Directeur commercial le fait de rester «muet comme une carpe» devant la destruction de certains kiosques par la mairie du District de Bamako au motif fallacieux qu’ils sont anarchiques. En fait, le paradoxe est que c’est la Direction commerciale qui place les kiosques et fixe les points de vente. Dans cette condition, il est incompréhensible que la mairie détruise ces kiosques sans l’aval de la Direction commerciale. Complicité tacite ? L’on ne saurait le dire clairement.

Toujours est-il que les membres du Collectif sont en courroux, certains arguant que «depuis son arrivée, le Directeur commercial n’a rien fait pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. Tout ce qu’il sait faire, c’est réprimander certains de ses agents, en favorisant d’autres».

Au regard de tout ce qui précède, il urge que nos plus hautes autorités prennent à bras le corps les problèmes que nous venons d’évoquer pour baisser la tension qui règne actuellement entre le Directeur commercial et le Collectif des revendeurs de PMU-Mali, surtout que ces derniers ont déjà un contentieux avec la Direction générale pendant devant la Cour suprême.

Affaire à suivre !!!

Bruno LOMA

23 Avril 2014