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Le viol collectif particulièrement sauvage d’une adolescente, abandonnée mourante, a rappelé à l’Afrique du Sud qu’elle détenait le triste record mondial du nombre de viols. Deux des auteurs présumés de ce « viol en réunion » devaient comparaître mardi pour demander une libération sous caution. Cette jeune fille de 17 ans a été violée en sortant d’un pub par un groupe d’hommes dont faisait partie son ex-petit ami, selon l’accusation -, éventrée, éviscérée. La victime a été découverte agonisante par des agents de sécurité et elle est morte à l’hôpital quelques heures plus tard, après avoir dénoncé l’un de ses agresseurs. A chaque fois qu’un viol particulièrement affreux suscite l’indignation, le soufflé est vite retombé. Le président Jacob Zuma a condamné un crime « choquant, cruel et inhumain ». L’opposition a organisé une (petite) manifestation devant le Parlement, la Ligue des femmes de l’ANC (le parti au pouvoir) a « appelé à l’action » et la fédération syndicale Cosatu a lancé un vaste brainstorming pour trouver des solutions. « De nombreux Sud-Africains sont victimes de leur histoire et de leur situation économique. Le chômage et l’abus de drogues ajoutent un ennui enivré à une culture sociale qui semble donner aux hommes un droit aux corps des femmes. Rien de tout ça ne peut être changé du jour au lendemain », s’est désolé dans un éditorial le journaliste Stephen Grootes. « La brutalité et la cruauté contre des femmes sans défense est inacceptable et n’a pas sa place dans notre pays », a déclaré le président Zuma devant le Parlement le 14 février, appelant à « une unité d’action pour éradiquer ce fléau ». AFP