Partager

Depuis le 7 janvier passé, l’installation des nouveaux appareils de radiologie du Centre de Santé Béatrice, à la Maison des Anciens Combattants est terminée, son inauguration se fait toujours attendre. Raison avancée, le ministre des Forces armées et des anciens combattants et son homologue de la Santé n’arrivent pas à s’accorder sur un calendrier pour son inauguration.


Conséquences :
ce sont les anciens combattants et la population démunie qui en pâtissent.

C’est dans le cadre des aides entre l’Association française des anciens combattants et leurs homologues du Mali qu’un appareil de radiologie a été offert et installé, courant 2000, par des techniciens français. C’était pour le grand soulagement des anciens combattants et de la frange de la population se trouvant parmi les plus pauvres. Car, ici un ancien combattant paye 3 000 FCFA pour un examen de radiologie au lieu des 8 000 FCFA, prix pratiqué à l’hôpital Gabriel Touré.

En mai 2005, l’appareil est définitivement tombé en panne, au moment où le nombre de patients avait sensiblement augmenté et que les recettes mensuelles atteignaient le million de francs CFA.

Entre temps, il y a eu la création de l’ONAC (Office National des anciens combattants et militaires en retraite). Ce qui a eu pour conséquence un certain bicéphalisme entre le secrétaire général de l’ONAC et l’Association des anciens combattants pour le contrôle du patrimoine de l’association.

Avant d’aller à la retraite, le colonel Gingaré Touré avait passé la commande d’un appareil de radiologie par l’intermédiaire du ministère de la Défense et celui de la Santé. L’appareil est arrivé le 3 janvier 2008 et son installation a été achevée le 7 janvier.

Le ministre de la défense a visité la Maison des anciens combattants, A en croire les anciens combattants, au pas de course. Ordre a donc été donné de ne pas toucher à l’appareil avant sa réception officielle dont la date n’a pas été fixée. Depuis lors, celle-ci n’a pas encore été effective, se plaignent les malades.

Deux raisons sont évoquées : la première, le ministre de la Défense et son homologue de la Santé n’arrivent toujours pas à s’accorder sur un calendrier, deuxième raison, l’ONAC et l’Association des anciens combattants sont à couteaux tirés pour la gérance de l’appareil.

Pendant ce temps, les denrées périssables que sont les films et les produits de développement, d’une valeur de plus d’un million FCFA, attendent leur péremption. Les malades, pour la plupart, des anciens combattants, des militaires à la retraite et la population démunie sont laissés à eux-mêmes.

C’est le cas de Say Diarra, ancien combattant de son Etat, il souffre de la colonne lombaire. Il est venu de Kita dans l’espoir de faire la radiographie. Il a pour son malheur trouver que celle-ci n’est pas opérationnelle.

Au centre de santé du Combattant, il débourserait seulement 3000 FCFA alors qu’à Gabriel Touré le même examen lui coûte 8000 FCFA. Faute d’argent Say, Diarra est obligé d’attendre impatiemment la mise en opération de l’appareil de radiologie de la Maison du Combattant.

Pierre Fo’o MEDJO

09 Mai 2008