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Sidiki est du genre bon vivant. Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il y ait des grêles, il est tous les soirs en boite de nuit. Il est connu de tous les acteurs de la nuit. Pour sa famille, son baromètre social est devenu ses sorties justement. Car, même malade, sa femme, ses enfants et ses sœurs ne s’inquiètent que lorsqu’il reste à la maison.

Sidiki, malgré son mariage, malgré qu’il a maintenant 2 enfants, n’a rien changé à son habitude. D’ailleurs, sa famille était tellement contre les couvre-feux qui empêchent Sidiki de sortir le soir ! En ce moment, il devient grognon et fait passer un mauvais quart d’heure à toute la maisonnée.

Le 14 février dernier, fête des amoureux, la Saint-Valentin, Sidiki, comme à son habitude, s’est préparé depuis 18 heures. Il a même refusé de diner, et, déjà, à 19 heures, il était dans les rues.

Seulement, si Sidiki sort tous les soirs, il met un point d’honneur à rentrer à 1 heure du matin. Puisqu’il a les clefs, il ne dérange personne et c’est le matin que les uns et les autres le voient. Malgré tout, il est matinal, tient à faire ses prières à l’heure et à déjeuner avec les enfants qui sont déposés à l’école par leur maman.

Le 15 février au matin donc, pas de Sidiki. Son épouse tente son portable. Répondeur. Elle fait déjeuner les enfants, les dépose et rentre. Toujours pas de Sidiki, toujours le téléphone est sur répondeur.

A midi, elle ameute toute la famille qui se met à sa recherche. Les cliniques, les hôpitaux, les commissariats, les amis, les night clubs…, tout est écumé par la famille, pas de trace de Sidiki. C’est à peine si la famille n’a pas installé le deuil à la maison, en tout cas, l’épouse « éplorée » était entourée par les sœurs de Sidiki, qui se relayaient pour pleurer.

Sidiki apparaît le 17, au petit soir. Il avait été séquestré par sa copine, une jeune fille de joie, qui ne supportait plus les instants furtifs. Elle s’est quand même résolu à le ramener quand l’argent fut fini.

Soumba Diabaté

@Afribone