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Le manque de courant électrique dans les mairies des communes I et III du district constitue le talon d’Achille des commissions d’établissement des listes électorales.

Habituellement, les commissions chargées de la révision des listes électorales siègent du 1eroctobre au 31 décembre de l’année en cours. Mais en raison de la situation exceptionnelle que vit le pays, c’est seulement le 5 juin 2013 que les membres des commissions administratives ont renoué avec le processus d’établissement des listes électorales.

Cependant, l’exercice ne se passe pas sans difficulté pour les membres des commissions administratives des Communes I et III du district. Ces mairies qui n’ont pu solder leur compte auprès de la société EDM, ont vu leurs compteurs enlevés par la société distributrice d’électricité. Depuis, les mairies des Communes I et III sont plongées dans le noir.

C’est dans cette atmosphère inconfortable qu’évoluent les membres des commissions administratives dans ces deux circonscriptions de la capitale. En effet, pour le fonctionnement normal de la mission, les ordinateurs doivent être sous tension. Mais faute d’électricité, le travail se fait avec les moyens de bord.

En Commune I, selon nos informations, les agents chargés de l’établissement des listes électorales se relayent au travail. Le premier groupe travaille jusqu’à l’épuisement des batteries de la machine avant de se faire relayer par un deuxième groupe le temps d’aller se brancher en ville pour faire le plein des batteries. Ce qui impose assurément une grande gymnastique aux membres de la commission administrative. Alors que le principe voulait que les cas d’irrégularités fussent corrigés et intégrés directement dans la base de données.

« Normalement, les ordinateurs doivent être régulièrement sous tension. Mais faute d’électricité, les membres de la commission administrative disposent aussi à côté d’une liste pour porter les observations qui doivent être reportées dans l’ordinateur. Or, la bonne pratique aurait voulu que tout cas signalé soit automatiquement incorporé dans l’ordinateur« , évoque le président de la commission des finances de la mairie de la Commune I. Aliou Badra Sidibé doute fort à ce rythme, de la prise en charge des observations qui seront faites par des citoyens au regard du délai imparti.

« Je ne pense pas que les remarques qui seront formulées soient intégrées pour le compte de l’élection présidentielle même pas pour les législatives. Peut-être les élections municipales parce que le délai est court pour la confection d’autres cartes prenant en compte les erreurs signalées« , affirme le président de la commission des finances de la mairie de la Commune I.

De par le passé, si les commissions chargées de la révision des listes électorales disposait de quelques mois pour faire le toilettage nécessaire, cette année, elles n’auront que 20 jours pour ce faire. A ce jour, la mairie de la Commune I est redevable de la société EDM d’une vingtaine de millions de F CFA.

La rupture de la fourniture d’électricité est à l’origine du transfert du service comptable dans le centre d’état civil de Fadjiguila. Tout comme la Commune I, la Commune III n’est pas mieux lotie. La commission administrative d’établissement des listes électorales y siégeant est confrontée au même problème.

Aux termes de nos investigations, la mairie du district qui était également sur la liste rouge d’EDM se serait procurée un groupe électrogène pour le fonctionnement normal du service. Chargée notamment de procéder à la vérification de ceux qui sont régulièrement inscrits, de réinscrire les omis, de veiller aux radiations et aux différents cas de transferts, assurer les changements de bureau de vote… la commission administrative d’établissement des listes électorales est composée de représentants de partis politiques, de l’administration communale et de la Céni.

Mohamed Daou

13 Juin 2013