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LETTRE OUVERTE DU COMITE POUR LA SALUBRITE DE LA MAIRIE DU DISTRICT DE BAMAKO

A SON EXCELLENCE KAFOUGOUNA KONE, MINISTRE DEL’ATCL,

Les états généraux sur la corruption qui viennent de se tenir dans notre pays auraient pu, si les organisateurs s’en étaient donnés la peine, traiter d’un cas pratique de corruption, de détournement, de trafic d’influence, de népotisme, de copinage, d’achat de conscience, d’enrichissement illicite ultra rapide. L’intéressé, comme un journal de la place l’avait signalé, a brillé par son absence de Bamako, au moment où se tenait précisément ces états généraux sur la corruption. Il était en Europe, pour une énième fois, prendre du bon temps. Peut-être qu’il savait que certains allaient justement penser à lui ? Il s’agit de Monsieur le maire du district de Bamako, Adama Sangaré, qui en 18 mois d’exercice de la fonction de maire, a rejoint le cercle élargi des fonctionnaires maliens multimillionnaires. Si l’occasion lui est offerte de revenir après les élections de 2009, alors il entrera dans le cercle fermé des fonctionnaires et autres agents des services publics milliardaires. Tout cela est en en train de se faire au vu et au su de certaines hautes autorités de ce pays, mais au détriment de la mairie du district de Bamako, des populations de Bamako, mais surtout des travailleurs de la mairie.

Voilà pourquoi des cadres de cette mairie ont décidé d’aller en croisade contre ce prédateur (…) qui agit à visage découvert lorsqu’il commet ses forfaitures, tant il a confiance à ses protecteurs.

Au passage, ces cadres accusent le Premier ministre Modibo Sidibé, Seydou Traoré, Secrétaire général du ministère du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le général Kafougouna Koné ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, le Gouverneur du district de Bamako Féfé Koné, le Secrétaire particulier du Chef de l’Etat Mangal Traoré d’être « les protecteurs » du maire central.

Le maire Sangaré dit à qui veut l’entendre et comprendre, qu’il est un proche du Premier ministre, et de Mangal Traoré.

A peine 18 mois après sa prise de fonction, la mairie du district de Bamako court un gros risque : celui de la cessation de paiement. Ses travailleurs, surtout les cadres sont démotivés, découragés. Le district est livré à lui-même, car le maire vient quand il veut, faisant des fois trois jours sans mettre les pieds dans la cour de la mairie.

Nous demandons aux ministres, qui sont dans la situation dépeinte par le Chef de l’Etat qui disait dans son discours lors des cérémonies d’ouverture des états généraux sur la corruption que « les Directeurs administratifs et Financiers (DAF) sont plus importants que les ministres », de venir prendre des cours de gestion de la DAF auprès de Adama Sangaré, maire du district. Il est son propre DAF, tout passe par lui. Faites un tour à la DAF de la mairie, dont le budget annuel avoisine les 10 milliards, vous n’y verrez personne, à part les travailleurs, qui se tournent les pouces, en attendant une instruction du maire, pour procéder au paiement de tel fournisseur, prestataires de services.

Au Mali, il y a eu des cas rares ou un ministre a démissionné. Mais qui a vu un DAF démissionner ? Pourtant le maire du district de Bamako a réussi cette prouesse de faire démissionner son DAF, M. Diallo. Cette situation, pour tout observateur averti, au fait des problèmes de la mairie du district de Bamako, n’est pas une surprise.

Car, en juillet 2007, fraîchement élu à la tête de cette mairie, les premiers mots de M. Sangaré ont été « de venir pour assainir les finances de la mairie du district de Bamako ».

Nous, cadres, travailleurs de la mairie, qui sommes déjà au fait et agissements de ce conseiller, représentant la commune III, savions de quoi il s’agissait. Car M. Sangaré, durant tout le mandat du défunt Moussa Badoulaye Traoré, s’est manifesté par son arrogance, sa volonté de nuire à celui-ci, menant la fronde des conseillers qui rejetèrent à deux reprises, le compte administratif du maire de l’époque, allant jusqu’à écrire au ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales pour dénoncer les dérives de ce dernier.

Pourtant qu’est ce que M. Traoré (paix à son âme) n’avait pas fait pour « acheter » M. Sangaré ? Ce dernier a ainsi bénéficié de multiples faveurs, dont celles relatives à deux magasins du Marché rose occupés à l’époque par le poste de Police de ce marché. Ces deux magasins ont été attribués à Sangaré, qui disait-il, avait des problèmes sociaux à régler. Ces magasins furent vendus à 5 500 000FCFA par M. Sangaré, qui empocha ces sous. Faites simplement une enquête auprès de l’occupant actuel de ces magasins, des commerçants du Marché rose, vous serez édifié.

Cela, sans compter les lots à usage d’habitation dont il a bénéficiés et qu’il a vendus à prix d’or, au même titre que d’autres conseillers pourris, qui ne cessaient de mettre la pression, qui ne cessaient de faire chanter M. Traoré le défunt maire, pour lui extorquer le maximum, à cause de sa mauvaise gestion avérée de la mairie du district. Dieu dans sa Miséricorde rappela à lui Moussa Badoulaye Traoré, ouvrant sa succession à Adama Sangaré.

Ce transfuge politique de trois formations politiques, dont le dernier est l’Adema, qui le propulsa à ce poste, avec le soutien et la caution du tout puissant président de l’Association des maires du Mali, M. Kader Sidibé, maire de la commune III. Si ce dernier savait qu’il venait de rendre aux populations de Bamako, aux travailleurs de la mairie du district, le pire service, depuis le temps des gouvernorats.

Car cet individu, hautain, médiocre, a entrepris de combattre en premier lieu les cadres de la mairie du district de Bamako. Nous savons aujourd’hui, avec le recul, que cette attitude agressive de M. Sangaré cache en réalité un complexe, celui de sa carence, de ses limites et de son insuffisance intellectuelle.

Aujourd’hui, la mairie du district de Bamako est en péril. Nous en appelons au sursaut des travailleurs, non à celui de ses braconniers des marchés, qui assistent le maire dans ses missions de vol qualifié des espaces des marchés, des autogares.

Nous vous livrons dans les lignes qui suivent, certains des hauts faits d’armes de M. Sangaré, maire du district de Bamako, en matière de corruption, de détournement de fonds.

Ce kleptomane foncier de la pire espèce vient de jeter le discrédit sur l’ensemble des maires de Bamako, qui n’avaient pas pour la plupart, bonne presse. Ce discrédit, c’est la note du gouverneur du District de Bamako, Monsieur Féfé Koné, intimant l’ordre à ceux-ci d’arrêter toute réaffectation des lots retirés.

Monsieur le Gouverneur Féfé Koné, pouvait-il sincèrement se regarder dans un miroir lorsqu’il prenait une telle décision ? Nous ne le croyons pas. Car ce monsieur, renvoyé pour incompétence avérée et notoire par l’ancien maire du district de Bamako, Ibrahima NDiaye, est au centre de la mafia bamakoise du foncier, du trafic de lots à usage d’habitation. Il est en passe de devenir le premier propriétaire foncier de Bamako, à cause des compromissions en tout genre, du chantage qu’il exerce sur les maires de Bamako : il faut toujours commencer par envoyer le quota du gouvernorat, avant toute opération de distribution des lots à usage d’habitation. Cela nous ramène en arrière lorsque le maire du district de Bamako, lors d’une émission télévisée, affirmait que les communes ne vendent pas de lots. Mais ce qu’il ne pouvait pas dire, et que le commun des Maliens savait, c’est que pour lui, toutes les occasions sont bonnes pour vendre, notamment lors de ses missions à l’extérieur. Nous avons la preuve matérielle de tous les lots vendus par le maire du district de Bamako, des lots utilisés à des fins politiques, de trafic d’influence.

Nous disons aujourd’hui que toute cette dérive totalitaire, cette course effrénée à l’enrichissement illicite, ces retraits abusifs de lots à des populations pauvres et démunies, n’auraient pas eu lieu, si le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, avait joué pleinement son rôle de gendarme. Car, un cadre de la mairie du district de Bamako, avait pris sur lui d’attirer l’attention des plus hautes autorités, sur les agissements peu orthodoxes du maire Sangaré. Mahamane Djitteye, responsable du service logement à l’époque, avait envoyé une correspondance au ministre Kafougouna pour dénoncer, avec preuve à l’appui les agissements du maire Sangaré, en joignant la liste complète de bénéficiaires de lots indûment vendus par ce dernier.

Mais cette affaire fut étouffée par le Secrétaire général de ce ministère, Seydou Traoré dit Babou, qui se contenta d’envoyer une correspondance sous plis confidentiels au maire. Le ministre ne vit jamais le contenu de la lettre de M. Djitteye, qui fut relevé aussitôt de son poste. Ce doyen est à la mairie depuis plus de trente ans. Ce courage de M. Djitteye, hélas ne fut pas suivi par les autres cadres de la mairie, chacun préoccupé à préserver son poste. Voilà pourquoi nous disons que nous avons nous-mêmes, notre part de responsabilité dans cette situation.

Ainsi le maire, pour éviter de se retrouver dans une autre situation de ce genre, créa de toutes pièces une commission « baux », dirigée par un conseiller du district, le célèbre « brillant ». C’est ce monsieur maintenant qui gère toutes les affaires foncières de la mairie, le service logement.

Avec ampliation :

* Présidence de la République

* Primature

* Ministère de la Justice

* Ministère du Logement, des Affaires Foncières et de l’Urbanisme

* Président de la Cour Suprême

* Commandant de la Brigade d’Investigation Judiciaire

* Vegal

* Coordinateur des Chefs de Quartier de Bamako

* Président de l’Association des Natifs de Bamako – ANABA

* Maires des six communes de Bamako

* Presse Nationale écrite et parlée

* Tout citoyen de la ville de Bamako

02 décembre 2008