Partager

Les malversations constatées dans l’attribution des 500 parcelles aux déguerpis de Nafadji ont motivé l’annulation, par le maire de la Commune I, de la décision n°071/MCI-DB . C’est une autre commission domaniale en gestation qui veillera au grain.

En 2004, l’on dénombrait moins d’une vingtaine de soubassements sur le site de Nafadji en Commune I. Mais, entre cette date et 2007, des concessions y ont poussé comme des champignons. Ce qui a conduit la mairie de la Commune I à initier une opération de démolition des maisons illicites.

Cette affaire des 84 ha reste pendante devant la Cour suprême. Pendant plus d’un an, la mairie et les déguerpis sont à couteaux tirés autour de sa gestion qui doit prendre en compte le recasement de certaines populations de Fadjiguila, Banconi, Doumanzana, Sikoro et Nafadji dont les besoins sont estimés à 1400 parcelles. Mais puisque, dit-on, la mairie n’a pas la possibilité de satisfaire à cette « exigence », les deux parties ont convenu de la mise à la disposition de Nafadji de 500 parcelles devant être affectées aux déguerpis réels.

« Nous nous sommes compris, populations et mairie, de mettre au bénéfice de Nafadji 500 parcelles sur les 1400 tout en donnant la priorité aux bénéficiaires réels. Et les 500 parcelles ont été attribuées sur la base du nom des ayant droit communiqués à la mairie qui, à son tour, a procédé à des vérifications dans le registre. Les noms fictifs qui y figuraient, à la demande de la mairie, ont été annulés et remplacés » , explique le maire de la Commune I, Mme Konté Fatoumata Doumbia.

Selon elle, la liste des bénéficiaires des 500 parcelles a été arrêtée par les populations de Nafadji elles-mêmes dans le cadre d’une sous-commission domaniale regroupant des chefs de quartier, les représentants du village de Nafadji. Voilà qui a inspiré la prise de la décision n°071/MCI-DB du 17 octobre 2008 par le maire de la Commune I, affectant les 500 parcelles au village de Nafadji.

Coup de théâtre

L’encre ayant servi à la rédaction de cet acte n’ayant même pas séchée, des voix discordantes se sont levées. Aux dires de l’édile, c’est une partie de la population qui s’est levée en saisissant la mairie pour dire que plus de la moitié de gens qui disent être des déguerpis réels ne le sont pas et qu’en aucune manière ne peuvent être bénéficiaires de parcelle.

C’est dans ce remue-ménage que les contestataires ont adressé une pétition au gouverneur du district avec ampliation à la mairie. C’est ainsi qu’une mission d’enquête composée de deux représentants du gouverneur, du président de la commission domaniale et de son rapporteur de la mairie de la Commune I, des représentants du village de Nafadji se sont rendus sur le site.

De leur constat, il ressort que les 500 lots sont tombés au bénéfice de certaines personnes alors qu’elles ne sont pas du nombre des déguerpis réels. A la lumière de cette conclusion, le gouverneur du district a instruit le 30 janvier 2008 au maire de la Commune I, d’annuler non seulement la décision n°071/MCI-DB, mais aussi de mettre en place une autre commission domaniale pour que les 500 parcelles aillent aux déguerpis recensés.

Néanmoins, le contentieux de Nafadji est loin de s’éteindre. Les populations vont-elles s’entendre sur la répartition des 500 parcelles ? Qui est déguerpi réel, qui ne l’est pas ?

Quel sort sera réservé à ceux qui ont déjà payé les 153 000 F CFA pour avoir leur notification et permis ? Ceux qui seront écartés ne vont-ils pas aussi crié aux malversations ? Autant dire que Mme Konté Fatoumata Doumbia et son équipe ont encore du pain sur la planche.


Mohamed Daou

04 Février 2009