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Le président du HCI a profité de la tribune d’une journée de réflexion organisée par sa structure, le dimanche dernier au Cicb, pour répondre aux frondeurs qui voudraient qu’il quitte le bureau de cette structure faîtière des organisations musulmanes du Mali.

Le mercredi 22 mai 2013, l’Union des jeunes musulmans du Mali, conduite par Mohamed Maki Ba réclamait haut et fort l’organisation d’un nouveau congrès pour débarquer l’actuel bureau du Haut conseil islamique du Mali dont le mandat est arrivé à terme depuis janvier 2013. De l’avis de l’Ujmma, le HCI, dirigé par l’Imam Mahmoud Dicko, n’est plus représentatif de la communauté musulmane du pays au regard de ses agissements récents, notamment son « immixtion » dans la sphère politique nationale. Ainsi, le président décrié a saisi l’occasion d’une journée de réflexion que le HCI a organisée le 26 mai 2013 sur le « rôle des leaders musulmans dans la tenue d’élections apaisées » pour faire part de sa position par rapport à la fronde dont il est l’objet.

Devant les leaders religieux, des autorités politiques et administratives ainsi que des centaines de musulmans qui avaient pris part à la cérémonie d’ouverture de cette journée, le président du Haut conseil islamique s’est dit prêt à quitter la tête de cette structure si cela devait contribuer à consolider la cohésion au sein de la famille musulmane du pays. Il n’en fallait pas plus pour que certains religieux sursautent dans la salle Djeli Baba Sissoko en signe de protestation contre ce départ annoncé de l’Imam Dicko. « Tu n’iras nulle part », s’étaient-ils rebellés.
Au sujet des élections à venir qui fut l’un des points inscrits au rôle de la rencontre, Mahmoud Dicko a levé l’équivoque sur la position du HCI par rapport aux futurs candidats. « Le Haut conseil islamique n’aura pas de candidat », a-t-il tenu à préciser, estimant toutefois que chaque musulman était suffisamment responsable pour savoir pour qui il veut voter. Aussi, a-t-il interpellé les autorités en place afin que les élections soient « cette fois-ci » transparentes, afin de doter le Mali d’institutions fortes et crédibles. Tout en appelant la communauté musulmane à la mobilisation pour relever enfin le défi du taux de participation, le président Dicko a rappelé qu’autant l’intégrisme religieux ne peut marcher au Mali, autant l’intégrisme laïc ne marchera pas.

« La bonne intelligence, c’est de choisir le juste milieu », a-t-il souhaité.
Auparavant, le président du Haut conseil islamique avait mis l’accent sur l’importance de cette rencontre au regard du contexte dans lequel interviennent les élections de juillet. Les musulmans, avait-il estimé, ne doivent plus attendre d’être impliqués dans le déroulement du processus électoral mais ils doivent s’impliquer d’eux-mêmes.

De l’avis du ministre chargé des Affaires religieuses, l’organisation de cette journée est un pas décisif qui vise à soutenir l’action du Gouvernement. Selon lui, les élections et la réconciliation, les deux points au cœur de la rencontre, sont deux questions qui constituent des défis qui dépassent le seul cadre du Mali. Défis qui, dit-il, sont ceux de la liberté, de la démocratie et de la laïcité. C’est pourquoi, Dr Yacouba Traoré a salué cette initiative, témoignage de l’engagement constant de la communauté musulmane de notre pays à se mettre au service de la nation toute entière.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 30 Mai 2013